Un homme à terre, facile à achever

L'homme était à terre, facile à achever. Le territoire était devenu hostile. Le sujet d'actualité du harcèlement sexuel le rendait démoniaque. La presse se dressait soudainement et devenait quasi unanimemement anti-macho. Le monde occidental chatouillait ses hormones féministes. Il y avait de quoi animer un feuilleton pour l'été. Comme le dit mon ami Jean-Bruno, il y a du bon là-dedans, coco. Et puis, les charges contre Dominique Strauss-Khan ne pesaient pas suffisamment lourd. L'accusation a du remballer ses certitudes anticipées. Depuis le début, ça fleurait le coup foireux.

Et voilà c'est là. Tout est bon pour une candidature à la présidentielle en France.

Les français aiment bien les présidentiables avec une histoire aux basques. Ils aiments bien que celui qui va devenir président, ait une histoire pénible dans le parcours. Une histoire à raconter. Mitterrand a été le premier à identifié le phénomène. Lui s'était fait une histoire bidon d'attentat. C'était le coup de l'observatoire. L'auteur de l'abeille et l'architecte rêvait d'une situation gaulienne. Le grand Charles avait eu droit à son attentat. Même que les auteurs avaient du répondre de leur acte en justice. Pour Mitterrand, c'était du montage... Pompidou et Giscard, ça ne compte pas. Pour ce qui est de Chirac, il avait ses casseroles. Sarkozy s'est opportunément inventé un parcours de sauveteur, à faire pâlir de rage son mentor Charles Pasqua. De l'indicible. De l'inavouable. Dans la classe politique, on se fabrique des histoires et la presse est tenue d'en faire les ragots.

Comme le disait l'anarchiste Laurent Tailhade : "Peu importe les victimes, pourvu que le geste soit beau."

Bonne route Dominique Strauss-Khan...

Et n'oublie pas ces moments pénibles et injustes. Parce que d'évidence, l'affaire à laquelle tu as été soumis tu ne l'as pas choisie...

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