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Billet de blog 18 avr. 2014

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Royaume-Uni : les écarts continuent

Dans le gouvernement britannique de coalition Tory/LibDem, les semaines se suivent et se ressemblent fâcheusement. A la suite de la démission de la secrétaire d’état à la culture, Maria Miller — voir ici un précédent billet explicatif —, David Cameron a procédé à un mini remaniement, mais le moins que l’on puisse dire est qu’une fois encore il n’a pas brillé par son bon goût et son sens de l’éthique. 

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Dans le gouvernement britannique de coalition Tory/LibDem, les semaines se suivent et se ressemblent fâcheusement. A la suite de la démission de la secrétaire d’état à la culture, Maria Miller — voir ici un précédent billet explicatif —, David Cameron a procédé à un mini remaniement, mais le moins que l’on puisse dire est qu’une fois encore il n’a pas brillé par son bon goût et son sens de l’éthique. 

Andrea Leadsom, la nouvelle secrétaire d'état au Trésor  © Richard Gardner / Rex

En effet, à la fonction de secrétaire d’état au Trésor a été nommée Andrea Leadsom, qui est, depuis 2010, députée de la circonscription de South Northamptonshire, à l’est des Midlands, et membre de la commission parlementaire chargée du budget. Elle était auparavant, et l’information n’est pas sans importance en l’occurrence, cadre supérieur à la banque Barclays, où elle a été directrice des institutions financières.

Jusque là tout semblait aller bien, mais, comme le rapporte le Guardian de ce jour, en 2003 Andrea Leadsom et son mari avaient créé une société nommée Bandal et chargée de gérer les biens immobiliers du couple. Or Bandal a été enregistrée à Jersey, et chacun sait que l’île la plus importante de l’archipel anglo-normand fait partie des paradis fiscaux de la planète, havre de paix financier qui n’est qu’à une heure d’avion de Heathrow, l’aéroport de Londres. Le but était bien évidemment, à moins de nourrir une folle passion pour les paysages bucoliques de Jersey, de payer moins d’impôts dans le royaume. Un porte-parole du Trésor Royal a volé au secours de la toute nouvelle secrétaire d’état pour déclarer qu’il s’agit d’une situation claire et que tout ce qui est dû à l’impôt a été payé, ce qui reste à démontrer. Certes elle a pris la précaution — mais quelle précaution révélatrice ! puisqu’elle permet de contourner l’impôt sur les successions voté pendant le mandat de Gordon Brown — de laisser la direction de la société à son fils de 18 ans, lorsqu’elle a été élue à la chambre des communes en 2010. 

Hélas pour la nouvelle venue, cette révélation arrive une semaine après une déclaration ferme de George Osborne, chancelier de l’échiquier, donc ministre des finances du royaume, dans laquelle il a affirmé que les mesures pour éviter l’impôt sont moralement inacceptables, tax avoidance measures are morally unacceptable. Et il a conclu on ne peut plus clairement : The message is very simple – if you're hiding your money offshore, we are coming to get you, lisez : le message est simple, si vous cachez votre argent dans un paradis fiscal, nous vous retrouverons. On ne sait pas si Andrea Leadson tremble et évite son ministre de tutelle, mais ce que l’on sait de façon sûre, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir des Tories et de leurs fantomatiques alliés, les familles britanniques ont perdu, en moyenne, 1.600 livres sterling par an, soit 1.950 €. Pendant ce temps-là les réformes fiscales ont permis aux millionnaires britanniques d’augmenter leurs revenus annuels de 100.000 livres sterling, soit 122.000 €. Quant à l’impôt non collecté pour cause de fraude fiscale il a représenté 1 milliard de livres sterling en 2013, soit 1 milliard 220 millions d’euros. Décidément « l’exemplarité » n’a pas de frontières…

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