Grandeur, décadence, mais continuation d'une caste : ENA + IGF...

Cette base line, reprise en titre et modifiée pour la circonstance, du livre intitulé -Les Intouchables- de G. Ottenheimer, n'a jamais été autant d'actualité que 12 ans après sa parution. Modèle perdant depuis cette époque, la France continue de se choisir des représentants issus de cette caste bien à part. Des têtes bien pleines, mais des applications sur le terrain...catastrophiques !

15.05 Langue tirée

 

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L'ENA à nouveau au pouvoir...

La promotion Marc-Bloch, celle de Monsieur Edouard Philippe à l'ENA, risque de rencontrer quelques petits problèmes de "diplomatie interne". A régler bien vite. En effet, que ses collègues et amis, gauche et droite confondues, chacun aura compris que les clivages à ce niveau, importent peu, se retrouvent les uns et les autres "placés" n'étonnera personne. Encore que, si népotisme il ne devrait plus y avoir dans les deux Assemblées, il ne s'agissait là que des arbres qui cachaient les gigantesques  forêts des emplois d'Etat, protégés par... camaraderie estudiantine. Emplois protégés qui, eux, continueront.

Problème, disais-je car si E. Philippe a déjà (je pense) choisi 60% de ses futurs collaborateurs parmi ses camarades de promotion (Chriqui, Ferrand, Rioux...) en revanche, Benoît Ribadeau-Dumas risquerait quant à lui, de poser problème en ce sens qu'il était Major de promo. Quelle place pour lui ? Et cela compte, chez ces gens-là.Comme le rappelait Ghislaine Ottenheimer, cette hiérarchie, (comme les faits d'un autre âge), est têtue. On ne fait pas n'importe quoi, et un major chef de cabinet, par exemple, aura souvent rang (dans l'ombre mais dans l'absolu) sur un petit Secrétaire d'Etat mal promu...

La promo Senghor, celle de M. Macron, est déjà plus riche et presque prête à l'emploi. Et puis il y a les potos des potos. Bref, autrefois dirigée par les Saints Cyriens ou les Polytechniciens, il y a eu l'ère des avocats, des agrégés. Maintenant, des politiciens professionnels. Ce qui tombe bien pour les engagements de pluralisme d'Emmanuel : les femmes sont désormais largement représentées, (les gamines comme les mamies), les couleurs de peau sont variées à souhait et permettront de réaliser de jolis camaïeux officiels, sur le perron du Château. Les religions également, bien que je ne comprenne pas pourquoi un état laïque s'embarrasse de ce genre de détails (notons toutefois que certaines religions sont plus égales que d'autres... Un jour ou l'autre, des popes, imams ou quakers, voire des anglicans ou encore Moon, pourraient aussi revendiquer une parité, puisque désormais, tout compte et se compte au boulier compteur, comme à la Maternelle !)

 

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Bernard Accoyer. Déjà la langue de pu... !

Le croche pied du "patron" des Républicains : en résumé, Edouard Philippe ne pèse rien dans notre appareil-Etat-dans-l'Etat hérité de l'UMP, du RPR et plus loin encore. Ce qui a fait rire hier, les français un peu au fait de ces clichés, c'est de constater que Bernard Accoyer a minoré "es qualité" (rappelons-le, LR est un parti de militants, comme les PC d'autrefois. La hiérarchie n'est pas un vain mot et Accoyer est aux ordres), donc il a répété les consignes en minorant du même coup Juppé, ami et mentor de Philippe ayant le même cursus. Ainsi que tous les autres issus de la même caste. Laisser entendre que le premier ministre n'est rien de plus qu'un second couteau (au sein de l'appareil républicain) en dit long sur la haine des Barons envers la jeune génération, sur-diplômée et anti-clivages. Et cela relègue M. Accoyer au rôle de troisième canif Cool

Les investitures révéleront leur lot de bassesses. On a hâte d'être au second tour. "Santerre", (nom de guerre du communiste Mélenchon) est en train de faire le coup de poing avec Poutou contre des CRS (normal, il y a des caméras) et de donner les dernières consignes à la CGT pour piéger efficacement l'outil de travail des travailleurs de GM&S. La Marine reprend les leviers de son usine à faire des voix. Point commun des deux, ils brisent toutes unions éventuelles pouvant leur donner une majorité relative.

Décidément, ces deux-là, du moment qu'ils sont élus, (dans un fauteuil), j'ai l'impression qu'ils se trouvent bien mieux dans l'opposition "qu'aux affaires". Un vrai petit couple virtuel, qui du reste, s'entend très bien en privé Incertain

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Il est vrai que gouverner demande du travail, et ce n'est pas une sinécure... Mon dieu que l'on est bien dans l'opposition Clin d'œil

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