Un siècle après la Révolution d'Octobre 1917

Octobre 1917, Mai 2017. Le sang hier, le velours aujourd'hui... Quand on pense qu'il y a encore des Poutou, Mélenchon ou Arthaud revendiquant plus ou moins en public, d'appartenir à ces obédiences meurtrières staliniennes, trotskistes ou léninistes! Il n'y a pas un russe, ayant vécu ce fascisme rouge vif, pour croire encore en ces "romanciers" du XIXème : Engels ou Marx. En France, si ! ;)

De 1958 à 2017...

Le paysage politique français a été radicalement bouleversé ces 50 dernières années. Nous avons vu l’avènement de la Vème République. Le gaullisme comme on a appelé cette époque, à partir de 1958. Ère gaullienne, sur les ruines de laquelle des hommes politiques, plus ou moins falots, ont revendiqué une part d'héritage arguant d'une certaine filiation; ce furent les cas de G. Pompidou et de J. Chirac. Puis vinrent les "arrières petits neveux à la mode de Bretagne", du style N. Sarkozy ou F. Fillon. Par la suite, reconnaissons que F. Mitterrand a fondé une ère nouvelle, à défaut d'une VIème République.

Génération Mitterrand sur laquelle des racines ou plutôt quelques rejets ou greffons ont plus ou moins bien pris. Ce fut le cas des Jospin, Hollande, DSK ou Hamon. Nos politiciens professionnels sont aujourd'hui tous orphelins. Sans doute est-ce pour cela que les uns et les autres tentent tous de "s'apparenter" au Général, et dans une moindre mesure, à François Mitterrand. Ces deux hommes ne sont, bien entendu, comparables ni par leur envergure, leur dimension, ni par le destin qui fut le leur. Encore moins par la trace ou l'image qui est déjà la leur, ou qu'ils laisseront demain dans notre Histoire.

 

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Porte-avions Charles de Gaulle

 

2017, l'année d'un radical changement. Mais une "Révolution" de velours !

Il n'a pas été utile, au grand dam de Monsieur Mélenchon, de pousser nos concitoyens à descendre faire le coup de poing dans la rue, ou d'exercer des violences ou des manœuvres hardies, pour que chacun d'entre nous perçoive à sa façon, du(es) changement(s) en cours. Une véritable mutation des mœurs, des us et coutumes de la vie politique et sociale de notre pays.

Premier point qui s'est réalisé en douceur, sans que personne ne s'en aperçoive vraiment; le rejet de la "profession d'homme politique". L'élément déclencheur fût le ras le bol des "affaires" et peut être les dernières en date. Ces gouttes d'eau qui firent déborder le vase de notre patience infinie. Les affaires Cahuzac et Fillon.

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Gravité des faits reprochés...

 

Second point, découlant du résultat des urnes au soir du 23 avril 2017 : la chute des Partis politiques. Pensez donc : 3 candidats, un officiel et deux officieux pour le Parti Socialiste. Un seul était légitime. Monsieur Hamon. Il a été défait cruellement. Rapport de cause à effet, les têtes de séries de ce même PS ont soutenu, non pas Benoît-le-Légitime, démocratiquement élu-désigné comme étant "Le candidat unique du PS", mais le "déserteur" du gouvernement de François Hollande, Monsieur E. Macron. Ajoutons à cela un sénateur (M. Mélenchon), élu socialiste à la faveur de l'étiquette qui lui fut accordée ou offerte, celle du PS. Parti Socialiste qui fit semblant de ne pas voir que les réelles sympathies de ce grognon, habillé comme un charbonnier (mais griffé Kenzo), allaient au communisme (???) international et/ou à l'extrême gauche.

Jean-Luc Mélenchon a trahi sa famille politique, tout en prônant une position révolutionnaire, mais sans jamais prononcer, dans ses vindictes, harangues ou diatribes revanchardes, le mot COMMUNISTE. Il a lancé ses rets, ses filets, ratissant le plus large possible afin de "repêcher" le plus de mécontents possibles. Communisme, un mot que ses conseillers ont banni, lui interdisant de le prononcer car faisant bien trop peur aux électeurs, tout en restant aussi vague et généraliste que possible dans ses projets démagogiques, flous et  non chiffrés, (ainsi que bon nombre de journalistes le lui ont fait remarquer, notamment Vanessa ;)

Vanessa Burggraf mouche le candidat Mélenchon

 

Inutile de refaire un autre tour d'horizon, inutile d'en remettre une couche. Ce second point a été ressenti aussi fort et clair par le Parti Républicain que par le PS. Pas de jaloux.  Monsieur Fillon et le PR ont été battu par un inconnu, un indépendant socialo-centriste et par une vraie femme de droite, fille d'un homme d'extrême droite.

De plus, il fait le même score qu'un révolutionnaire d'extrême gauche ! La leçon est rude.

 

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François Fillon défait. 

 

Un deuxième tour couru d'avance.

Ils ont beau jouer l'humilité, ils ont beau répéter que ce n'est pas gagné... le camp Macron jubile et pérore en interne. Je me souviens, chaque fois que j'entends des hypocrites s'exprimer, qu'ils soient d'extrême droite, gauche ou d'extrême-centre Bisou, je me souviens donc de François de La Rochefoucauld qui écrivait :

"L'humilité est la pire de vanités" 

En revanche, on entend partout la même rengaine. Front Républicain ! Barrage ! Mort à Marine, etc... Comme je le dis souvent, elle fait presque l'unanimité. 30% pour, 50% 20% d'indécis... cela fait 80% d'électeurs, se référant pour ou contre, mais se référant à Madame le Pen. Du peu souvent vu en démocratie ;) A entendre tous ces ex-politiciens professionnels*, toutes ces ex-têtes de séries, voilà une base line, ou un leitmotiv (le Front Républicain) qui pourrait servir de nom à un nouveau parti politique ! Dédié uniquement à combattre Marine Le Pen. Sauf que les français ne veulent plus de parti et commencent à sentir qu'ils sont pris pour de gros benêts !

Car le mot barrage commence également à leur chauffer les oreilles. A force d'entendre chaque jour répéter que le mouvement Bleu Marine est nazi, fasciste, xénophobe et/ou antisémite, les 7 ou 8 millions de français ayant voté dimanche, se sentent humiliés, salis, insultés, et risquent de se réveiller un jour.... tel que les hommes politiques de tous bords les traite depuis toujours ! C'est à dire, comme des bêtes sauvages et sanguinaires... ! [A noter à propos notamment de ces Messieurs d'extrême gauche, (Poutou et Mélenchon), qu'ils ont désormais montré leur limite en terme d'être ou non "démocrates et républicains", puisqu'ils refusent de faire barrage en rejoignant le front démocratique et républicain !]

* Ex-politiciens parce que leurs investitures-mandats confiés par des Partis, ne seront plus forcement automatiques. Les partis étant rejetés, nous allons assister à des élections d'électrons libres, non encartés et peu obéissants ;)

Peu importe, le raz de marée des personnalités politiques ou de la société civile appelant à voter M. Macron est tel, que jamais Marine Le Pen ne pourra franchir ce second tour en tête. En revanche, ce que l'on peut dire ce jour, c'est que 20 millions d'électeurs environ, ont voté pour 3 candidats "apartites" : deux "transfuges" du PS, (donc des hommes sans étiquette) et une femme que nul ne reconnait comme la dirigeante d'un parti traditionnel ou démocratique. D'ailleurs, ses 7,5 Millions de voix furent déposées au son de "Marine, Président !" Ni sur son nom de famille, ni sur le nom de son parti politique.

Et après demain ? Représentativité à l'Assemblée :

Monsieur Mélenchon a montré ses limites. Egalement, en termes de courtoisie ou de fair play. Après avoir sous-entendu que le comptage des voix n'était pas terminé et qu'il trouvait "bizarre" la différence de voix entre les sondages, les intentions de vote et les estimations, les pré-comptes... Nous sommes tous perplexes. D'ailleurs, les journalistes et téléspectateurs ne s'y sont pas trompés. Mauvais perdant il l'est. Et peu, très peu habitué, dans ses petites cellules de banlieue, à être contredit. Toujours prêt à crier au loup ou au voleur, il n'a pas digéré la gifle, le camouflet d'avoir été devancé par Monsieur Fillon. Il a été utilisé (comme nous le présentions et le prévenions depuis 15 jours) par les médias. Les compliments et flagorneries dont il fût l'objet, ont fait mouche et l'ont déstabilisé. Il s'est pris d'un coup d'un seul pour un grand dirigeant (dictateur) à la Staline ou à la Poutine. Lui, le petit homme à la veste de charbonnier et au triangle rouge, était en train de devenir l'égal de ses modèles, etc...et pffff, plus rien ! C'est trop injuste...

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Et c'est là que ces 3 personnalités, le Président Macron, Marine le Pen et Mélenchon, vont avoir un mal de chien à compter et revendiquer leurs voix et leurs représentants au Palais Bourbon. L'homme ou la femme providentiel n'est sans doute pas né, en tous cas, il n'est pas parmi ces trois là ! En revanche, il va leur falloir montrer du charisme, car la voix des Partis politiques ne porte plus assez loin pour les emmener au bout du chemin...qui est très long désormais.

Pour le premier, le futur Président Macron, ce sera vraisemblablement le moins ardu : tout d'abord, éliminer le mot socialiste et la référence à F. Hollande, références des mots et maux du passé. Il seront remplacés par majorité présidentielle ou "En Marche". Cela tombe bien (hasard ;) ) EM sont des initiales sympas pour Emmanuel Macron !

Marine aura bien sûr les problèmes habituels de ses triangulaires, tout comme Mélenchon, lequel rue déjà dans les brancards. Si Macron tient bon et l'envoie bouler, il aura une majorité consensuelle, n'en doutons pas. Sinon, il ne pourra pas gouverner. Et les petits partis subsistant, les restes de la rue de Solférino et/ou de la rue de Vaugirard, feront les frais de cette révolution de velours Peut être même verront-ils leur dissolution pure et simple. De fait.

 

 

 

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