Les microclimats de gauche se révoltent contre Macron...

PCF, Front de Gauche, Ensemble, France Insoumise, Nouveau Parti Anticapitaliste, Lutte Ouvrière, Alliance marxiste, courants communistes internationaux, trotskistes, léninistes, maoïstes et autres mini, micro ou nano-partis d'obédience communiste archaïque, (même s'ils ne représentent que 15% TTC, y compris les votes protestataires), ne parviennent pas se mettre d'accord pour le second tour.

S'il ne s'agissait pas d'une élection présidentielle dans notre pays, ce serait risible.

Et quand bien même, occultons un instant le fond et profitons de la forme pour nous régaler quelques instants. 

 

jeans
Voir et écouter ces jeunes et parfois moins jeunes leaders, certains en T-shirts et jeans destroy, s'écharper ou se chamailler les uns les autres, à coups de références historiques, hystériques, ressassant les mêmes mots et slogans, déjà repris par Coluche et Le Luron dans les années 70, est franchement amusant. Cinq minutes.

Ils font rire, parfois aux larmes, parce qu'ils sont sincères, pour la plupart d'entre eux ou elles. Ces mots que martelait Georges Marchais font encore recette : travailleurs et masses populaires, cadences infernales... Jusqu'aux invectives sur plateaux TV du genre : "Je vous ai laissé parler, c'est à mon tour". Il ne manque que le mot ou plutôt le nom propre de "Elkabbach" pour revenir 40 ans en arrière, à la citation originale qui avait provoqué un immense fou-rire en France.

 

poutou

POUTOU. Aucun respect pour les consignes et pour les TV-spectateurs.

Le buzz à tout prix pour un résultat navrant !

 

Certains électeurs de gauche se déchirent au second tour.

Les partisans de Benoît Hamon notamment ont des difficultés pour certains, à voter Macron. La plupart, bien entendu, ne peuvent se résoudre à voter pour Marine Le Pen. Ce qui serait le comble !

Les litotes politiciennes.

Faire barrage au Front National. Ne pas voter pour Marine Le Pen... ce genre de litotes conduit à des malentendus. Ces phrases ne sont pas des consignes pour demander de voter pour Monsieur Macron. On ne dit pas clairement "je t'aime", on se contente de dire "je ne te hais point".

Les militants ont compris à mi-mots et vont sans aucun doute se plier (de mauvaise grâce) à la consigne, tout en ronchonnant des phrases, comme celles qui circulent sur le Net : "Marre de céder au chantage de la peur du FN, en votant pour ceux qui, hier encore, nous insultaient"

Les hypocrites.

Certaines têtes de série grommellent en faisant passer une facile parade, en apparence très démocratique et emplie d'humilité : "Les voix de nos électeurs ne nous appartiennent pas. On ne peut donc en disposer. Mais ils connaissent nos principes et nos ennemis de toujours."

En 2017, après nombre de revirements, je ne sais pas si ces messages seront compris à 100%. En tous cas, cela préfigure un nombre de triangulaires aux Législatives, dont les deux partis aux extrémités, profiteront. Surtout Mélenchon, qui passe encore pour un socialiste tout juste excentrique. Attention au réveil de Mascareigne...

Les leaders qui vont au bout de leurs convictions.


hamon
Monsieur Benoît Hamon a appelé clairement à voter pour Emmanuel Macron. Il a été le grand gagnant de sa primaire de gauche, mais le grand perdant de la campagne 2017, trahi par ses pairs, lâché par son camp, mais néanmoins fidèle à ses engagements.

Et beau joueur jusqu'au bout. "Le candidat Hamon, lui, a très clairement appelé à battre Marine Le Pen".

Pas d’ambiguïté. D'accord ou pas d'accord avec la ligne du Parti Socialiste, rares sont les hommes politiques qui auraient maintenus leur position, comme lui, jusqu'au bout. C'est mon sentiment.

 

Les politicards faussement ouverts à la démocratie.

La France Insoumise me rappelle, ce mardi, la différence existant entre un référendum et un plébiscite. Entre un questionnaire ouvert et fermé. Un votre par voie référendaire n'appelle que deux réponses possibles : OUI ou NON. Un plébiscite, appelle à répondre oui ou non sur un texte ou sur plusieurs réponses pré-établies, immuables. Donc, aucune liberté d'action, puisque les choix sont ceux qui ont été décidé par Mélenchon lui-même. Ce qui permet d'éliminer les votes contestataires des soit-disant 440 000 "soutiens" et les réponses jugées trop inopportunes par le dirigeant unique. NB, le texte de JL Mélenchon commence par "Aucun d’entre nous ne votera pour l’extrême droite". 

meluche

Loin de moi l'idée de prendre fait et cause pour le FN, mais le leader de France Insoumise aurait peut être pu, ou dû, en étant moins directif, compter les voix des mécontents ? Les décompter de son score ou analyser "les déchets" dans son mouvement. Ce à quoi, je finis par le penser, JLM ne voulait à aucun prix. Et qu'il ne raconte pas qu'il y a un risque de faire passer MLP, les chiffres tout comme les faits sont têtus. Par ailleurs, en tant qu'observateur, je note qu'il y a beaucoup plus de connivence (hors public) entre MLP et JLM qu'entre un Macron et un Mélenchon. Sur le plan des idées également. Beaucoup de points communs. Mais avec En Marche, aucune ou presque.

Un culte du secret malheureusement bien connu au Kremlin.

 "Ce choix est secret. Nous n’en publierons que le résultat, et la liste des participants sera détruite. 

Je dis mon choix :

Choix 1 : Je vote blanc ou nul
Choix 2 : Je vote Emmanuel Macron
Choix 3 : Je m’abstiens."

Des méthodes d'une autre époque, dont le bilan fait frémir, car encore vivaces dans quelques pays. A l'Est, rien de nouveau !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.