Les vœux de François Hollande ne sont pas les nôtres

En présentant ses vœux aux Français, François Hollande s’est adressé aux électeurs qui, souvent, votent davantage avec leur cœur – ou plutôt avec leurs tripes- qu’avec leur raison. Quand on n’a que sa réélection en tête, on voit décidément tous les problèmes au travers du prisme de l’émotion populaire ; et la peur en est actuellement le ressort le plus puissant.

 

En présentant ses vœux aux Français, François Hollande s’est adressé aux électeurs qui, souvent, votent davantage avec leur cœur – ou plutôt avec leurs tripes- qu’avec leur raison. Quand on n’a que sa réélection en tête, on voit décidément tous les problèmes au travers du prisme de l’émotion populaire ; et la peur en est actuellement le ressort le plus puissant. Pendant la première partie de son allocution,  François Hollande s’est employé à  l’attiser  - « la menace terroriste reste au plus haut niveau » - tout en assurant déployer tous les moyens afin d’en éliminer les causes.

 Le terrorisme et le chômage sont donc évidemment les cibles prioritaires du combat engagé par le protecteur de la nation et cette mission de sauvetage est accompagnée par la petite sirène lancinante de l’état d’urgence. Notre président se complaît dans cet état de guerre, propice à toutes les manipulations ; les citoyens n’en ont pas toujours conscience mais «  la première victime de la guerre est la vérité ».

Les mêmes fausses solutions, les mêmes promesses éculées qui ont déjà fait la démonstration de leur inefficacité et de leur perversité sont présentées, sans aucune honte, comme autant de preuves d’un nouvel élan.

Mais nous savons maintenant que ce Président « socialiste » est prêt à toutes les bassesses, toutes les compromissions, afin de garder la place élyséenne qui est décidément le symbole de notre déchéance démocratique.  L’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution ainsi que la déchéance de nationalité pour les binationaux responsables d’actes terroristes sont promus en ce 1er janvier au rang d’avancées démocratiques.

François  Hollande, en pervers narcissique, n’hésite pas à user de la flatterie : derrière le « Françaises, Français, je suis fier de vous », se profile déjà le chef d’un Etat qui châtiera plus fort toute déviance, tout défi à l’autorité.

Pouvons-nous d’ailleurs collectivement revendiquer cette fierté si nous acceptons les dérives de ce régime qui  bafoue le combat de toutes celles et ceux qui ont parfois donné leur vie pour des idéaux qui sont  réduits à l’état de décorations insignifiantes aux frontispices de nos édifices publics ?

Ce président, peut-être encore davantage que son prédécesseur, pousse le cynisme à un degré inégalé.  La forfaiture sociale est depuis longtemps consommée mais du moins pouvait-on attendre du Président organisateur de la COP 21 un minimum de conscience écologique.  Mais moins d’un mois après la signature, présentée comme historique, de l’accord de Paris sur le réchauffement climatique, les bruits de bottes des CRS se font entendre aux alentours de la ZAD de Notre Dame des Landes et le gouvernement vient d’autoriser l’entreprise Altéo  à poursuivre ses rejets de boues rouges toxiques en mer, dans le parc national des Calanques.

Au cours de son allocution, François Hollande, dans une dramaturgie particulièrement démagogique,  -  où les évènements  de l’année ont été instrumentalisés de façon outrancière, après l’avoir été sur le terrain ainsi que le révèle l’enquête du journal « Le Monde » sur l’attaque absolument délirante du RAID  à  Saint Denis (lire ici l'article du Monde)   - a voulu tourner la page de 2015, « année de souffrance et de résistance ».  Mais, pour  le monde militant, ces termes qui évoquent aussi, malheureusement, la mort de Rémi Fraisse,  sont encore appropriés et annonciateurs de l’année 2016 :  François Hollande ne nous laisse pas d’autre choix que de résister. Si nous voulons  stopper  la destruction sociale et environnementale à grande échelle entreprise par ce régime,  que l’on peut ranger définitivement au côté de la droite extrême, il nous faut nous rassembler, nous solidariser et résister. Le premier acte de résistance d’envergure est programmé le samedi 9 janvier à Notre Dame des Landes et dans beaucoup de villes de France en solidarité.

Non, décidément,  les vœux de ce président ne peuvent pas être les nôtres.

                                                                                                                                         

 

 

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