Si l’on en croit les sondages, une large majorité de jeunes, environ 75%, jugent l’avenir effrayant. Les Trente glorieuses et la promesse d’un avenir radieux où le progrès allait de pair avec la croissance et le développement des techniques sont loin derrière nous, l’horizon s’assombrit, les nuages s’accumulent au-dessus de nos têtes.
Les récentes pluies diluviennes dans le sud de la France et les inondations cataclysmiques de la région de Valence nous font ressentir de plus en plus durement la morsure du réchauffement climatique.
La catastrophe en Espagne démontre que des nations industrielles appartenant au club des pays riches peuvent être, elles aussi, frappées durement par le dérèglement du climat. Avec un État et une administration régionale submergés, dépassés par les événements, et une désorganisation telle que les habitants ne peuvent plus compter que sur la solidarité et l’entraide, la société espagnole vit une expérience d’effondrement local, les services essentiels ne fonctionnent plus. Le drame humain se double d’une catastrophe écologique majeure car les inondations ont ravagé les campagnes et les sols, entraîné une pollution gigantesque quand des milliers de tonnes de véhicules, d’objets divers et de détritus ont été emportés par les eaux.
Ce type de catastrophe tout comme les incendies de forêts qui anéantissent différentes contrées du globe alimentent des boucles de rétroaction qui entretiennent et accentuent la dégradation de notre environnement car elle fragilise la biodiversité et la reconstruction de tous les bâtiments et infrastructures détruits ne peut se faire sans déperdition d’énergie et de gaz à effet de serre ce qui renforce le réchauffement climatique.
Parallèlement, partout dans le monde la richesse se concentre et les inégalités se creusent. L’idéal démocratique s’éteint peu à peu.
Aux USA, l’élection américaine du 5 novembre qui oppose la suppléante de Genocide Joe à un fou furieux sans scrupule ne peut porter au pouvoir qu’une brute à la tête d’un empire belliqueux qui entend imposer partout son “american way of life” pour servir ses intérêts et ceux du capital.
L’actualité donne le vertige et ce n’est pas le “vertige de l’amour” d’Alain Bashung mais plutôt celui que l’on ressent quand on se tient au bord de l’abîme.
L’humanité ne semble pas posséder les ressorts internes capables de la prémunir contre la montée des périls et les risques qui s’accumulent. Elle ne dispose pas d’un système immunitaire efficace. L’ONU est désespérément impuissante que ce soit dans le domaine écologique - la Papouasie- Nouvelle Guinée vient d’annoncer qu’elle ne se rendra pas à la COP 29 - ou dans le domaine de la prévention et de la résolution des conflits qui ont tendance à se généraliser et à s’étendre au Proche-Orient, en Ukraine, au Soudan, etc. En particulier, le génocide en cours à Gaza et la protection dont l’Etat d’Israël bénéficie de la part des USA sont une insulte à la communauté internationale et un signal intolérable envoyé à tous les Etats voyous.
L’avenir est incertain et lourd de menaces, la peur et l’angoisse étreignent le coeur des peuples. Le cerveau humain est ainsi fait qu’il réclame des certitudes, des réponses, un échappatoire à l’anxiété, une aile protectrice. La demande d’ordre et d’autorité monte à l'unisson des désordres de toute nature. Et les monstres populistes sont là, avec leurs bréviaires simplistes, prêts à répondre à cette demande qui exige des boucs émissaires et des solutions simples alimentant ainsi des boucles de rétroaction qui ne font qu’aggraver les problèmes. Les politiques économiques, sociales et écologiques des partisans de l’ordre ne peuvent qu’accroître, les inégalités, les pollutions, le réchauffement climatique et les tensions au sein des sociétés. Mais quand la peur est là, il est bien difficile de réfléchir.