Lors de son premier mandat, Donald Trump n’avait pas pu exprimer tout son potentiel. Il débutait dans le métier de dirigeant de la première puissance mondiale, il n’avait pas l’expérience du job, il était sans doute encore timoré. Aujourd’hui c’est différent, il a pris de l’assurance. Et il sait aussi qu’à condition de disposer de la puissance militaire, le crime paye à l’échelle internationale. L’ONU est effectivement impuissante à faire valoir le droit. Des pays comme Israël ou la Russie peuvent se livrer aux pires exactions, allant même jusqu’au génocide dans le cas israélien, sans en être empêchés, cela désinhibe.
Donald Trump ne craint donc plus de donner libre cours à ses pulsions de grand prédateur. Dans un monde où les ressources vont se faire de plus en plus rares et qui ignore la coopération et l’entraide, la prédation devient nécessaire si l’on veut tenir son rang, rester le n°1.
Le pétrole demeure une source d’énergie essentielle et une matière première convoitée. Pour des climato-sceptiques comme Trump mais aussi pour tous les lobbies pétroliers, il doit être exploité jusqu’à la dernière goutte ( à noter que même en France qui mène théoriquement une politique de transition énergétique, un dirigeant comme Patrick Pouyanné, le PDG de Total Energies, entend bien continuer à investir dans la production pétrolière et gazière pour répondre à la demande !). Après la capture de Nicolas Maduro, le pétrole du Venezuela va donc pouvoir grossir de nouveau les profits de compagnies américaines, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, est désormais prête à coopérer. L’opération, habillée pour la forme de prétextes et d’alibis grossiers, a été indéniablement couronnée de succès, les réactions des pays soi-disant attachés au respect du droit international ont été globalement très molles. Les Nations-Unies auront encore une fois l’occasion de se réunir et de démontrer leur impuissance !
Donald Trump représente le capitalisme dans toute sa brutalité. C’est un dominant à l’intérieur du système dominant et il ne fait que suivre sans retenue la logique mortifère d’une civilisation matérialiste enfermée dans un modèle de production-consommation tourné vers l’accumulation, le toujours plus.
L’exploitation, la colonisation, la domination, la sujétion permettent aux puissants de s’enrichir, de se gaver de biens matériels alors que la plus grande partie de l’humanité a du mal à subvenir à ses besoins de base. L’orgie et la démesure d’un côté, la simple survie de l’autre.
Et Trump, fer de lance d’un capitalisme dérégulé, ne s’arrêtera pas là. C’est un guerrier, il vient de goûter au plaisir de la conquête, il n’a désormais qu’une hâte : recommencer ! Il s’est extasié devant le déploiement de ses commandos armés, devant l’étalage de la force qu’il avait mis en branle. Sa conférence de presse d’après hold-up était surréaliste, il y avait une jubilation particulièrement inquiétante dans ses propos.
Il exprime sans aucune gêne ses appétits délirants à la face du monde. Donald Trump entend maintenant profiter de la manne pétrolière du Venezuela comme il veut mettre la main sur les gisements de terres rares du Groenland ou que le Canada devienne le 51e État américain ! Comme Poutine et Xi Jinping, il cherche à élargir au maximum sa zone d’influence, les pays des deux Amériques sont avertis : ils doivent adopter des politiques conformes aux intérêts des USA. Au Moyen-Orient, il dispose de l’appui d’Israël, son allié inconditionnel, pour gendarmer la région et développer un business lucratif avec les monarchies du golfe, le peuple palestinien est un obstacle à éliminer.
Trump est un monstre mais c’est le produit de notre époque et d’un néolibéralisme qui ne sert que le capital. Même s’ils se prétendent attachés au droits de l’Homme et défenseurs de valeurs humanistes, les dirigeants européens, Emmanuel Macron en tête, participent activement à la construction d’un monde qui est en train de devenir invivable pour la majorité des hommes et des espèces vivantes. Ce sont bien sûr les premiers responsables mais ils demeureraient impuissants s’ils ne disposaient pas de relais et d’une passivité coupable des peuples qu’ils entraînent vers l’abîme.
Comme l’écrivait Primo Levi : « Les monstres existent, mais ils sont trop peu nombreux pour être réellement dangereux ; ceux qui sont vraiment dangereux, ce sont les hommes ordinaires, les fonctionnaires prêts à croire et à obéir sans discuter. »