“Le bruit et la fureur” d’un côté.
Des députés insoumis qui braillent, qui vocifèrent, qui invectivent leurs collègues et font obstruction au travail parlementaire, altérant des débats pourtant jusqu’alors sereins et empreints de considération et de bienveillance. Le bruit et la fureur dans l’hémicycle !
De l’autre, le calme, la sérénité.
Des ministres et des députés macronistes qui oeuvrent tranquillement et imperturbablement pour la France dans le souci du bien public et de la concorde. Les votes bloqués et les “49.3” se suivent et s'enchaînent car ils sont absolument nécessaires, ils ne sont utilisés que pour éviter la paralysie de l’Assemblée nationale et déjouer les obstacles dressés par des parlementaires irresponsables et irrespectueux de la volonté populaire et de la démocratie. Le volontarisme paisible mais déterminé de l’équipe présidentielle - en d’autres temps on aurait parlé de force tranquille - permet de faire passer des réformes essentielles et tant attendues par l’électorat : la réforme des retraites, la loi asile-immigration, la loi sur le “choc des savoirs “ à’ l'éducation nationale, etc.
Le bruit et la fureur des opposants d’un côté
Des gilets jaunrs, des activistes, des éco-terroristes envahissent les villes et les champs pour protester contre les projets sociaux et écologiques d’un gouvernement, pour casser et dégrader; Des manifestants, animés par haine d’un système qu’ils récusent, affrontent et harcèlent des forces de l’ordre, transformant le moindre objet du quotidien en arme par destination Des sauvages passéistes luttent contre tous les projets d’avenir du gouvernements : bassines, autoroutes, projets miniers, centres d’enfouissement des déchets nucléaires, etc. Une violence terrible, préméditée, assumée, exacerbe les tensions et menace de plonger l’ensemble de la société dans le chaos.
De l’autre, le calme et la sérénité du pouvoir et notamment du ministre de l’Intérieur.
Des forces de l’ordre toujours exemplaires, évitent systématiquement les accrochages, privilégient le dialogue et la retenue, allant jusqu’à mettre parfois leur vie en danger face à la violence extrême de terroristes qui ne reculent devant rien.
En France, la police et la gendarmerie déplorent toujours des blessés graves dans leurs rangs alors que les hordes hostiles de manifestants ne comptent le plus souvent que des blessés légers.
Le bruit et la fureur d’une opposition menaçant la démocratie nécessitent parfois le retour aux urnes afin d’isoler les extrêmes - en particulier l’extrême gauche - et de retrouver une majorité politique stable et raisonnable. Cette assemblée nationale devait assurément être dissoute.
Mais les élections anticipées ont vu se dresser un Front républicain face à l’extrême droite et placé finalement le Nouveau Front populaire en tête de la représentation nationale.
Le bruit et la fureur menacent à nouveau . . .
Dans l'atmosphère feutrée du palais de l’Elysée, Emmanuel Macron affiche calme et sérénité, il est hors de question de livrer le pays entre les mains d’une coalition comprenant les insoumis et de nommer Lucie Castets Premier ministre. Le gardien de la Constitution et le maître des horloges prend son temps, il réfléchit, il souhaite préserver la stabilité des institutions. Finalement, deux mois après le résultat des Législatives, il nomme Michel Barnier comme Premier ministre, un cacique du parti des Républicains, parti moribond et discrédité, le seul ayant refusé le Front républicain, et ultra-minoritaire à l’Assemblée nationale. Ce choix, effectué pour que rien ne change, et dicté par les exigences du Rassemblement national, est un formidable déni de démocratie, une forme de coup d’Etat à bas bruit, sous le regard complice d’une classe médiatique dominante, déjà mûre pour le fascisme.
La démocratie et les élections constituent le seul moyen pacifique d’éviter que les conflits d'intérêts et les aspirations contradictoires n’enflamment trop les esprit et les coeurs et ne débouchent sur la violence physique.
Quand la démocratie disparaît, quand le vote citoyen est bafoué, alors il ne reste plus que le bruit et la fureur de la rue. . .