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Billet de blog 14 février 2016

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Les deux déclarations

Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré. François Hollande, lui, prend bien soin de différer sa décision. Mais, décidément, la Vème République pervertit les idées et les hommes ; elle les rend tous fous. Il est grand temps de faire cesser le chant de cette sirène monstrueuse.

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Il y a deux mois Jean-Luc Mélenchon s’était déclaré « humilié » par les résultats du Front de Gauche aux élections Régionales. Alors mercredi soir,  il est parti seul, sans concertation, presque subrepticement, à la conquête de l’Elysée. Devançant tous ses adversaires, se moquant des primaires, ignorant superbement ses partenaires habituels, il a choisi de s’ouvrir « à tout le monde, les organisations, les réseaux mais les citoyens d’abord ».

Jean-Luc Mélenchon est un révolté : devant les caméras de TF1, il tonne contre le système, contre l’Union Européenne  qui ficèle le peuple français, contre le pouvoir socialiste qui gouverne pour une caste de privilégiés ; il veut dénouer les liens qui nous paralysent aujourd’hui mais il choisit de s’inscrire, de son propre chef, dans le cadre d’une compétition qui symbolise le dépérissement de la citoyenneté et de la démocratie. Il le fait avec des accents gaulliens en recherchant un lien direct avec le peuple, en choisissant de se priver d’une légitimité intermédiaire et  en invitant les citoyens à manifester leur soutien sur le site jlm2017.fr. Ralliez-vous à mon panache, à ma superbe, et nous changerons de république ! Celui qui fustige en permanence la dérive monarchique du régime ou « un homme décide de la guerre et de la paix » nous propose de tourner la page de la Vème en écrivant le dernier chapitre de la manière la plus autoritaire qui soit. Il s’agit là d’un acte de candidature paradoxal qui en appelle à une confiance absolue afin de rompre avec une certaine forme d’absolutisme.

Le pari est risqué !

François Hollande, lui, ne s’est pas déclaré. Il y a mis beaucoup d’application, il n’a pas cédé  aux demandes insistantes des journalistes – qui, dans ce domaine, savent faire preuve d’une certaine pugnacité – et a usé de circonlocutions sophistiquées pour éluder la question de sa candidature et d’éventuelles primaires. Là encore, le terrorisme lui a servi, une nouvelle fois, d’alibi ultime : confronté à une telle menace, le Président ne peut avoir d’autres préoccupations en tête, en se rasant le matin, que celle  de protéger les français. Manuel Valls l’a encore répété cette semaine : « nous sommes en guerre ».

François Hollande ne s’est pas déclaré mais le remaniement ministériel intervenu  jeudi, si baroque, si hétéroclite, si incohérent dans sa composition, ne peut avoir d’autre mission que de conduire le roi au seuil des prochaines présidentielles et de favoriser une alchimie électorale qui permettrait une réélection miraculeuse. C’est un dernier attelage d’ambitieux, de fidèles, d’égotiques, de personnalités en rupture de ban avec leur parti qui ont été sifflées, rameutées, appâtées pour un petit parcours en laisse mais sous le feu des projecteurs. Toute honte bue, Emmanuelle Cosse choisit de trahir son mouvement (qui, il est vrai, en a vu d’autres !) et d’oublier instantanément ses convictions, ses déclarations, ses combats antérieurs à l’appel du maître.

Décidément, la Vème République pervertit les idées et les hommes ; elle les rend tous fous. Il est grand temps de faire cesser le chant de cette sirène monstrueuse.

Peut-être faudrait-il attacher Jean-Luc Mélenchon ?

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