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Billet de blog 15 novembre 2022

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« Moi, je ne crache pas dans la main qui me nourrit !» Évidemment, c' est grossier et un tantinet provocateur mais tellement dans l’air du temps, dans le ton d’une époque qui célèbre l’argent et la réussite financière. Pour se faire une place de choix dans un paysage audiovisuel dominé par une poignée de milliardaires, il faut être servile et surtout ne pas tendre complaisamment le micro à l’ultra gauche.  Face au fouille-merde Louis Boyard, député de la France insoumise, Cyril Hanouna défend donc avec véhémence  les intérêts de son maître  dont il est le représentant sur C8 ; il  se comporte en bon petit soldat, les affaires africaines douteuses de Mr Bolloré ne sauraient être pointées du doigt. En nous rappelant un des commandements essentiels qui s’impose à tout salarié ( le dénigrement de son employeur peut être considéré comme une faute professionnelle et un motif de licenciement), il nous fait entrevoir le projet de son patron et, de façon  plus générale, nous alerte sur l’aliénation de masse  que représente la mainmise du grand capitalisme dans les médias. Malgré ce lamentable incident, il parade toujours à l’antenne et nous renseigne ainsi sur le vrai visage de son maître, celui qui doit rester caché car il y aurait trop d’impudeur à le dévoiler publiquement. Quand Cyril Hanouna et toute sa clique de chroniqueurs tombent le masque, insultent et huent un député qui souhaite parler de la politique africaine de Bolloré, ils sont criants de vérité et, pour une fois, font oeuvre de pédagogie. Le groupe Canal +, détenu par Bolloré, vend du divertissement mais aussi du conditionnement et de la manipulation au service quasi-exclusif de l’extrême droite.

Le capitalisme français qui s’est emparé de la quasi-totalité des médias dispose d’un levier redoutable pour influencer et modeler à sa guise le paysage politique. Il s’est donné les moyens de corrompre les consciences.

L’Etat devrait en principe réguler, veiller au pluralisme de l’information et à l’indépendance de la presse,  empêcher les excès et les phénomènes de concentration, mais l’Etat Macron a fait très clairement  allégeance au capital. Emmanuel Macron ne peut tout de même pas cracher dans la main de ceux qui l’ont soutenu et porté au pouvoir. Les relations de connivence  entre le pouvoir et le grand capital ne sont pas nouvelles  : souvenons nous par exemple de l’escapade de Nicolas Sarkozy immédiatement après son élection de 2007 dans le yacht de Vincent Bolloré, sa victoire était aussi et avant tout celle de l’homme d’affaires.

Mais, depuis 2007, les acquisitions et fusions dans l’audiovisuel se sont multipliées et les citoyens se trouvent encore davantage  livrés aux grands prédateurs et soumis à une forme de propagande libérale. La suppression récente de la redevance télé  risque d’accentuer l’emprise des médias privés.

Louis Boyard réclame “ l'ouverture d'une commission d'enquête pour mesurer les ingérences de Vincent Bolloré sur les médias qu'il possède ”, ce serait  un premier pas mais, au delà du cas Bolloré, c’est le rôle du capitalisme français dans le domaine de l’information qu’il conviendrait d’interroger et de mettre en débat au Parlement.

Le temps presse, la crise systémique  qui frappe nos sociétés est propice à la recherche de boucs émissaires et à la perversion des consciences. Les droites extrêmes, portées par une grande partie des médias, évoluent malheureusement en terrain favorable. 

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