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Le Club de Mediapart ven. 29 juil. 2016 29/7/2016 Édition de la mi-journée

Verts : une baisse tendancielle du taux de crédibilité

"Nous allons bientôt manquer d'eau et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera...". René Dumont prononça ces paroles prémonitoires en 1974, lors de la campagne présidentielle de l’époque

"Nous allons bientôt manquer d'eau et c'est pourquoi je bois devant vous un verre d'eau précieuse puisque avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera...". René Dumont prononça ces paroles prémonitoires en 1974, lors de la campagne présidentielle de l’époque ; l’écologie n’était plus seulement une discipline scientifique mais devenait aussi un thème, une idéologie politique qui allait par la suite être représentée lors de chaque élection.

Quarante ans plus tard, alors même que les défis écologiques auxquels nous sommes confrontés ont considérablement grossi depuis le témoignage de René Dumont, l’écologie politique est en panne sèche : la candidate qui la représente « officiellement », Eva Joly, est créditée de scores microscopiques dans les derniers sondages d’opinion. Certes, l’élection présidentielle n’a jamais réussi au mouvement écologiste – ni d’une façon générale aux représentants de petits partis -  mais la déception actuelle est à la hauteur des espoirs suscités par les résultats prometteurs des dernières élections européennes ( plus de 16%) et par la popularité de l’ex futur candidat Nicolas Hulot.

Un certain nombre de responsables des Verts s’interrogent même publiquement  sur la pertinence du maintien de leur candidate.  Eva Joly  est un bouc émissaire tout désigné mais elle n’est assurément pas la première responsable de la désaffection de l’électorat à son égard.                              Comment en effet surmonter et assumer les contradictions inhérentes à la ligne politique d’EELV ? Comment concilier l’alliance contre nature entre une écologie politique qui fait de la préservation de l’environnement un objectif prioritaire et un social-libéralisme qui ne jure que par la croissance et l’augmentation de la compétitivité des entreprises ?  Le parcours d’Eva Joly dans cette élection présidentielle est un chemin de croix qui a commencé avec le parjure à la nation au sujet du nucléaire ( imposé par les caciques d’EELV) et qui s’achèvera  le 22 avril avec un ralliement sans gloire à François Hollande. Ce dernier sera alors certain de pouvoir compter, s’il devient Président, sur des députés et des  ministres «  verts » à sa botte . L’écologie politique est en train de mourir à cause de la baisse tendancielle de son taux de crédibilité.

Les thèmes écologistes eux-mêmes paraissent avoir déserté  la campagne électorale car les principaux médias les ignorent. Ce qui compte, ce n’est pas la pertinence du propos mais « l’importance » du candidat. La moindre déclaration imbécile, la moindre promesse démagogique  de N Sarkozy est aussitôt répercutée et reprise en boucle jusqu’à l’écoeurement. Il faut vraiment toute l’énergie et les formidables talents de bretteur de Jean-Luc Mélenchon pour bousculer de temps en temps la hiérarchie, attirer les projecteurs sur les personnalités de « second rang » et entretenir l’espoir d’une autre distribution la prochaine fois

En attendant, cette élection est décidément  une pièce de théâtre écrite  pour les deux premiers rôles. Les citoyens spectateurs attendent désormais avec impatience, désabusés, la fin de ce mauvais vaudeville. Et beaucoup d’entre eux vont encore devoir boire, au second  tour, une eau qu’ils ne goûtent guère . . .

Quant au verre d’eau de René Dumont, il est quant à lui de plus en plus pollué par des contaminants d’origine agricole. Un rapport du Commissariat général au développement durable ( qui dépend du ministère de l’Ecologie) sur « le coût des principales pollutions agricoles de l’eau »,publié en septembre 2011, évalue le surcoût financier global dû aux pesticides et aux nitrates pour l’approvisionnement en eau des ménages  à plus d’1 milliard d’euros par an ; la décontamination des eaux souterraines coûterait entre 522 et 847 milliards d’euros ! Nos deux principaux prétendants doivent s’en réjouir : il s’agit là d’un formidable marché et d’un vecteur de croissance verte pour les multinationales de l’eau, souvent françaises, qui sont réunies cette semaine à Marseille.                                                                                                                                                                                       Car, « le rôle du politique c’est d’aller chercher des capacités de croissance » (François Hollande lors de l’émission « Des paroles et des actes » sur France2, le 15/03/2012).   

                                                                                                                                    

 

 

 

 

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Tous les commentaires

très bonne analyse, les zigs zags confondant

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