Ils étaient 15,1 millions de spectateurs selon Médiamétrie pour écouter Macron clore à sa façon la séquence de la réforme des retraites. Mais quasiment toutes les grandes chaînes de télévision ( en terme d’audience) avaient retransmis l'allocution présidentielle. A 20 heures, qui est une heure de grande audience, beaucoup de foyers ont donc subi cette allocution plutôt que véritablement choisi de la suivre. A 20 heures, la télé est allumée comme peut l’être la radio le matin, ces objets du quotidien ont des plages de fonctionnement immuables.
Ce chiffre d’audience de Médiamétrie ne signifie donc rien quant à la portée de l’allocution présidentielle car il ne résulte pas de choix délibérés et il ne mesure pas l’attention et encore moins l'intérêt prêté à cette nouvelle intervention.
Comment d’ailleurs peut-on écouter quelqu’un dont les revirements incessants et les mensonges vous chahutent l’esprit et vous font tourner la tête et les sangs ?
Comment peut-on encore entendre les projets d’un Président aussi contesté ?
Comment accorder foi à des paroles qui ne sont toujours au mieux que de vaines promesses comme celle véritablement ahurissante de mettre fin à l’engorgement des urgences d’ici la fin de l’année prochaine ?
Comment peut-on supporter un discours dominé par l’ auto-satisfaction quand le peuple crie de plus en plus fort sa colère ?
Les Français n’étaient ni spectateurs ni auditeurs de cette allocution surréaliste, le président était comme un invité obligé qui se met à déblatérer dans un coin de la pièce mais que l’on n’écoute pas.
On ne l’écoute plus, on ne le comprend plus, mais on a sans doute trop pris l’habitude de le subir !
Écrasés par une République et un pouvoir autoritaires qui les méprise et les condamne à l’impuissance, les Français ne doivent pas se résigner à l’humiliation permanente.
Hier soir, des citoyennes et des citoyens ont choisi de faire tinter des casseroles pendant le discours du menteur. Le bruit de ces concerts de casseroles n’est probablement pas parvenu jusqu’à l’Elysée. C’est dommage, il aurait fallu que l’on soit des millions pour taper ensemble sur nos casseroles à nos fenêtres, sur les places, dans les rues, et faire monter jusqu’au palais un brouhaha géant de désapprobation et de rejet. Il aurait fallu un grand bruit pour recouvrir et ensevelir l’autre bruit insignifiant.
Il aurait fallu que la France, à l’heure de l’allocution, ne soit plus qu’un immense concert de métal hurlant.
Il aurait fallu que la réponse immédiate et définitive à Macron soit comme le claquement d’une porte métallique que l’on referme sur un forcené.