Les institutions de la Vème République ont fonctionné à merveille pour ce gouvernement corrompu, missionné par une petite oligarchie de possédants afin de liquider tous nos acquis sociaux et totalement discrédité par ses mensonges en série. La motion de censure transpartisane n’a pu recueillir la majorité requise et Elisabeth Borne qui se déclare victorieuse conserve en théorie la confiance du Parlement quand toute sa politique et son attitude n’inspirent que de la défiance. Malgré l’opposition d’une écrasante majorité de Français, au terme de ce remarquable “cheminement démocratique”, et dans l’attente du résultat des recours déposés auprès du Conseil constitutionnel, la contre-réforme des retraites est donc adoptée. Face à cet autisme persistant, face à ce mépris, la contestation enfle et déborde dans la rue. Et le pouvoir, suivant sa méthode habituelle, déploie sa police pour toute réponse. On se souvient du défi de l’irresponsable lors de l’affaire Benalla: “qu’ils viennent me chercher !” ; on en est là, deux blocs irréconciliables s’affrontent désormais. La fracture est béante entre les gouvernants et les gouvernés, entre ceux qui s’enrichissent grâce au travail des autres et ceux qui doivent sacrifier leur vie pour satisfaire les marchés financiers puisque c’est la dernière justification apportée par Emmanuel Macron pour imposer deux ans de sacrifice supplémentaires aux Français. Et les députés Renaissance, par la voix d’Aurore Bergé continuent, imperturbablement, à tenir un discours halluciné en affirmant notamment que “le macronisme est une radicalité de droite et de gauche “ !!. Discours déconnecté de la réalité, imperméabilité à toute critique, pratiques nocives vis-à-vis du reste de la société, isolement, le macronisme présente de plus en plus les caractéristiques d’une secte dont le gourou a été installé à l’Elysée graĉe à un funeste concours de circonstances et sans véritable légitimité démocratique puisque cela supposerait de détenir, au moins sur les questions importantes, un mandat du peuple qui, en principe, est souverain.
Avec ce nouvel épisode législatif, Emmanuel Macron qui n’entend pas renoncer met définitivement fin à l’illusion démocratique : désinformé, manipulé, trompé, le peuple prend conscience que dans un système où les médias dominants sont tenus par quelques milliardaires, les élections sont un jeu de dupes où il ne détient pas les cartes maîtresses. Le Président satisfait en fait la volonté d’une poignée de possédants plutôt que la volonté générale. Que sa grande réforme, “la mère des réformes”, soit ravalée au rang de simple signe en direction de la finance en dit long sur le véritable fil directeur de sa politique et sur sa soumission aux mécanismes du marché quand tout devrait au contraire l’inciter à s’en extraire.
Le dernier rapport du GIEC vient d’être rendu public. Il est une nouvelle fois alarmiste et souligne l’urgence de prendre des mesures plus ambitieuses afin d’assurer un avenir durable et vivable pour tous.
Mais comment espérer de nos dirigeants actuels ce type de mesures alors même qu’ils se refusent à taxer les super profits des sociétés pétrolières ?
AUX USA, qui est quelquefois présenté comme la plus grande démocratie du monde, une forme d’étalon dans ce domaine, Joe Biden vient par exemple de donner son feu vert au projet pétrolier Willow en Alaska malgré son engagement public, formulé pendant la dernière campagne présidentielle, de ne pas autoriser de nouveaux forages sur les terres fédérales des USA. Comme Macron, il se soumet à la volonté des marchés, trompe ainsi son électorat et tourne le dos à la démocratie.
Cette soumission au marché, cette acceptation de l'ordre économique dominant, qui se décide d'ailleurs la plupart du temps en cachette, à la faveur de réunions tenues secrètes, est aujourd’hui facteur de grands désordres : désordre démocratique, désordre social, désordre climatique et écologique.
En France, pour rétablir l’ordre, les travailleurs savent, plus que jamais, qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Ils doivent refuser de se soumettre.