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Billet de blog 23 mars 2013

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Le regretté Cahuzac

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« Le dur de Bercy part en faisant couler les larmes » n’hésite pas à titrer le journal Sud-Ouest dans son édition du jeudi 21/03.  Mais de quelles larmes s’agit-il ? S’agit-il des larmes de la chargée de communication du ministre, Marion Bougeard, ancienne directrice associée du cabinet Euro RSCG (le cabinet des « spin doctors » de Dominique Strauss Kahn) et ex-conseillère de Liliane Bettencourt, des larmes des caciques du PS ou des larmes de l’homme de la rue ? Poser la question c’est y répondre, mais c’est aussi souligner le caractère indécent, provoquant, de certaines attitudes et de certains commentaires. Comment ne pas se sentir insulté, en tant qu’électeur de gauche et en tant que citoyen attaché au respect d’une éthique républicaine, par les hommages rendus avec autant d’insistance à un homme qui personnifie les renoncements du Parti socialiste et une forme de trahison du vote anti-Sarkozy ?

Pleurez, pleurez dans votre microcosme, mais, de grâce, pleurez en silence !

Aux oreilles citoyennes, ces manifestations de soutien intempestives  résonnent comme des insultes  et témoignent de la fracture grandissante entre le peuple et la caste politique au pouvoir, des mondes qui s’ignorent de plus en plus et où l’on ne soigne pas de la même façon ses souffrances ; quand certains s’immolent par le feu, d’autres optent pour le séjour à Courchevel : « Demain, je pars à Courch’,ouais », gémit Marion Bougeard, citée par le journal Sud-Ouest . . .

Comment imposer le silence à ses détracteurs, comment faire respecter la présomption d’innocence quand on affiche autant de morgue, comment espérer la retenue quand on ose évoquer comme n’hésite pas à le faire Jean Glavany le souvenir de Pierre Bérégovoy et « son honneur qui est jeté sur la place publique » ?                                                                                                                                               Le Parti socialiste compte parmi ses membres des hommes qui respectent par-dessus tout l’amitié mais les gens de Cosa Nostra ont aussi leur code d’honneur et il arrive que des parrains soient aimés. Faudra-t-il, à l’instar de ce qui vient d’être décidé pour la fédération des Bouches du Rhône, les mettre sous tutelle afin d’éviter au parti un trop grand ridicule et un isolement fatal ?

Pleurez, pleurez dans votre microcosme, mais, de grâce, pleurez dans la dignité !

Avec la démission de Cahuzac, François Hollande perd  paraît-il « une pièce maîtresse de son dispositif ». Il est vrai que l’homme épouse à merveille son époque  et disposait, en tant que ministre du Budget, des qualités et des aptitudes psychologiques requises pour la fonction. Libéral convaincu, bénéficiant d’une expérience remarquablement réussie de transfuge du secteur public vers le privé, c’était l’homme idoine pour imposer la rigueur à l’équipe gouvernementale, organiser l’impuissance des services publics et rendre ainsi souhaitables de futures privatisations. C’était en quelque sorte l’agent dopant  d’un processus général d’asphyxie des biens communs exécuté avec une précision chirurgicale et sans état d’âme. Même des secteurs jugés pourtant prioritaires comme l’Enseignement supérieur n’auront pas été épargnés par cet excellent ministre puisque la dotation de fonctionnement des universités a été réduite de 5% environ pour 2013 ( la loi Fioraso est vivement critiquée par les syndicats d'étudiants). Le ministre avait aussi un sens inné de la justice fiscale et il était capable, par ces temps de crise économique, de continuer à faire supporter le poids de la dette par les plus démunis.  Et en grand  Communicant, il  n’hésitait pas à présenter le relèvement du taux marginal d’imposition de 41% à 45% comme la grande réforme fiscale du quinquennat ( Nous savons maintenant que le projet de taxation exceptionnelle  à 75% des revenus supérieurs à 1 million d’euros est abandonné après la préparation très professionnelle des services de Jérôme Cahuzac)

 Oui,  Jérôme Cahuzac est  vraiment un « dur », et il est honoré, et c’est le grand déshonneur du Parti socialiste et de ce gouvernement.

Lors du premier tour des élections législatives partielles de la  2ème circonscription de l’Oise qui avait lieu dimanche dernier, la représentante du PS n’a pas réussi, compte tenu du taux d’abstention record,  à recueillir sur son nom plus de 12,5% des inscrits, le candidat de l’UMP Jean-François Mancel sera opposé à la frontiste Florence Italiani.

Aujourd’hui, avec la mise en examen de Nicolas Sarkozy, le chœur des pleureuses de l’UMP rejoint celui de leurs camarades socialistes et Florian Philippot, du Front National, au micro de France Inter, prédit déjà la victoire de leur représentante dimanche prochain.

Pleurez, pleurez en chœur, pleurez avec rage, pleurez sur vos échecs, pleurez sur vos futures défaites électorales «  en bloc et en détail » !

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