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Billet de blog 23 décembre 2012

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François Hollande, notre nouveau Pangloss

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Dans le monde de François Hollande, comme dans celui du docteur Pangloss, il convient d’être optimiste en toutes circonstances. Pour notre Président, l’ordre libéral est le meilleur des systèmes possibles et, globalement, les choses ne peuvent aller qu’en s’améliorant ; le mal est anecdotique et ne mérite pas qu’on s’y attarde, c’est souvent un sacrifice nécessaire, un détour obligé sur la route qui nous conduit vers le bien. La philosophie panglossienne semble inspirer en permanence les analyses et l’attitude du Chef de L’Etat.

 Gérard Depardieu peut bien choisir d’aller s’installer à Néchin, en Belgique, il n’en demeure pas moins vrai que l’exil fiscal reste minoritaire et que les paradis fiscaux ne réussissent pas à assécher le budget de L’Etat. La conduite de Gérard Depardieu est marginale et elle doit plutôt servir, en contrepoint, à valoriser l’attitude de tous les français fortunés qui choisissent de rester au pays. D’un évènement condamné par ses ministres,  François Hollande tire une communication positive : « Moi, plutôt que de blâmer tel ou tel, je veux saluer le mérite de ceux qui ont certes beaucoup mais qui acceptent de payer leurs impôts en France, de produire en France, de faire travailler en France et de servir leur pays ». L’incivisme de quelques brebis galeuses est probablement indispensable pour mieux prendre conscience de la générosité et du dévouement du plus grand nombre. Le mal reste contenu, il ne saurait englober et faire oublier le bien. Les dizaines de milliards d’euros qui échappent chaque année à l’impôt ( 30 à 50 milliards  selon les estimations)  ne doivent pas nous faire oublier les centaines qui rentrent dans les caisses de l’Etat. Evidemment, ce qui n’est pas payé par les uns doit être supporté par les autres et notamment par des ménages aux revenus modestes mais, après tout, une majorité de français est paraît-il opposée à des sanctions à l’encontre des exilés fiscaux        ( Journal du soir de France 3 du 20/12/12) !

D’ailleurs, puisque tout va (presque) pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, il serait vraiment stupide de réformer en profondeur notre politique fiscale ; nous pouvons même continuer à supprimer des postes dans l’administration des finances : en terme de communication, une économie immédiate de fonctionnaires ( pour 2013, plus de 2000 suppressions de postes sont prévues) vaut toujours mieux que d’éventuelles rentrées fiscales supplémentaires provoquées par des contrôles plus poussés. La lutte contre la fraude fiscale ne peut être une priorité dans un système libéral : elle effraie trop les grands créateurs de richesse et d’emplois, « nous avons besoin de tous les talents ». Et puis la dette publique, creusée par la baisse des recettes ne présente pas que des aspects négatifs :  elle a le mérite de nous faire prendre conscience du gaspillage de l’Etat et de la nécessité de réformes structurelles.  Plus globalement, la crise financière constitue un choc salutaire qui nous amène assurément vers un monde encore meilleur, un monde plus efficace, plus productif, plus rentable, un monde où les services publics seront facturés par le privé et où le déficit budgétaire aura disparu. Il serait vraiment stupide de renoncer aux réformes de la RGPP ( Révision Générale des Politiques Publiques), il faut au contraire les poursuivre et les approfondir mais avec ce souci de la modernité, de la performance, de l’amélioration qui caractérise le gouvernement actuel. Il faut être moderne et positif, Il faut mettre en œuvre dans le dialogue et la concertation, « la modernisation de l’action publique », la MAP ! La crise économique et financière nous impose des sacrifices qui vont nous permettre de progresser.

En système libéral, la finance n’est évidemment pas l’ ennemi à combattre ; les propos de campagne électorale sont souvent  trop démagogiques. Les banquiers sont des gens formidables et nos grandes banques doivent être stimulées, encouragées dans leur activité, et non pas entravées.  Il serait absurde de séparer trop strictement les activités de dépôt des activités de marché quand ces dernières contribuent  à la compétitivité de notre système bancaire livré à la concurrence internationale. Les placements à risque permettent indirectement à nos banques de renforcer leurs activités de crédit aux particuliers.  La spéculation est un mal nécessaire, un détour obligé  pour le bien de la communauté. Il faut simplement communiquer et rassurer.

 En cette période de fin d’année, François Hollande, notre nouveau Pangloss, semble particulièrement doué pour raconter des contes de Noël, dommage qu’il s’agisse de contes de Noël pour capitalistes !

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