Emmanuel Macron veut tourner la page pour en écrire une autre avec sans aucun doute toujours la même inspiration puisqu’il entend bien “tenir le cap”. Tenir le cap et par gros temps ! Les déplacements et visites du Président et des membres du gouvernement sont désormais rythmés par des concerts de casseroles, accompagnés d’ apostrophes peu flatteuses et de slogans appelant à la démission d’une caste dirigeante corrompue. Le dialogue social s’est fracassé contre le mur élyséen, ne subsistent que le tumulte et la colère. Dans la tourmente, Jupiter s’emploie à paraître stoïque et serein, il veut donner l’impression d’être un Président normal, disposant d’un mandat de plein exercice pour encore quatre ans, alors qu'il est aujourd’hui un Président empêché, un Président vilipendé, un Président dont la conduite et la politique le rendent illégitime puisqu’il n’exerce plus son pouvoir au nom de l’intérêt collectif mais contre la volonté du peuple. Il prend en otage les institutions et ose encore affirmer à propos de la réforme des retraites : “ c’est un choix de la nation que j’assume totalement “ ! Une nouvelle fois, le bulletin de vote, dont le clan macroniste se fait le chantre pour défendre cyniquement une démocratie apaisée et renvoyer la contestation aux prochaines échéances électorales, a été trahi. Le psychopathe de l’Elysée pense toujours avoir obtenu un blanc seing des Français en recueillant 20 % des électeurs inscrits au premier tour de l’élection présidentielle il y a un an. Ce quinquennat tourne à la farce tragique.
Les contre-pouvoirs sont quasiment inexistants et la haute administration est dans sa globalité un relais servile de l'exécutif. Le corps préfectoral notamment n’hésite pas à appliquer des mesures coercitives, attentatoires aux libertés fondamentales( allant même jusqu'au ridicule de confisquer casseroles et tambourins lors de la venue de Macron à Ganges dans l'Hérault) et à réprimer sans état d’âme. Les préfets adoptent l’attitude la mieux à même de servir leur carrière personnelle et concomitamment de satisfaire les appétits des gros investisseurs privés, ils se vautrent dans le carriérisme et l’indignité.
Nous sommes confrontés à un pouvoir qui s’est mis au service d’un capitalisme du désastre et qui est dépourvu de tout scrupule. L’affaire de la méga-bassine de Sainte Soline est le signe de la dérive clientéliste de l’Etat en faveur des représentants d’un productivisme insoutenable et de son basculement criminel quand une contestation déterminée tente de défendre un bien commun aussi essentiel que l'eau.
L’accaparement des différents ressources et moyens permettant de vivre dignement par une minorité de nantis ne peut que s’accentuer au fil des ans avec les bouleversements climatiques. Sans changement radical de paradigme économique, la violence ne peut que s'amplifier et se généraliser car tout le monde ne pourra pas avoir accès aux techniques permettant de s’affranchir d’une nature de plus en plus hostile. Un mouvement comme “Les soulèvements de la terre” essaie d’alerter les citoyens sur les répercussions dramatiques pour le vivant et pour la société d’une économie conçue pour les riches. Fin du monde et fin du mois sont deux problématiques nées de la radicalité et de la violence du modèle dominant actuel.
Luttes écologiques et luttes sociales sont intimement liées. Le 1er mai doit aussi être l’occasion de le rappeler.