D’autres conférences de presse. . .?   NON MERCI !

Pouvait-on attendre quoi que ce soit de la conférence de presse d'Emmanuel Macron après les déclarations d’Edouard Philippe et toutes les simagrées insupportables du Président autour de l’incendie de Notre Dame? La messe est dite depuis longtemps.

“Les chiens ne font pas des chats”, il n’y a pas eu de surprise, pas d’effet “waouh”  et ceux qui n’ attendaient rien de cette conférence de presse présidentielle n’ont pas été déçus. Pouvait-on d’ailleurs attendre quoi que ce soit de cet événement après les déclarations d’Edouard Philippe et toutes les simagrées insupportables du Président autour de l’incendie de Notre Dame?  La messe est dite depuis longtemps. Emmanuel Macron est le représentant d’une petite minorité de nantis et il ne peut évidemment admettre que sa politique est majoritairement désavouée par les Français. Par son refus acharné de rétablir l’ISF, il se comporte en idéologue buté et démontre qu’il n’est pas homme à reconnaître ses erreurs. Sans doute, pour mieux souligner le bien-fondé de son action et par souci de se ranger encore dans les rangs d’une humanité qui n’est pas infaillible,  reconnaît-il, ça et là, face à des journalistes bienveillants et réceptifs à toute forme d’explication, quelques fautes de communication, mais ses regrets sont toujours de pure forme. Les quelques faux-pas minuscules de son parcours princier sont dus à des incompréhensions ou des malentendus, ils ne remettent pas en cause la ligne suivie.

Emmanuel Macron est à l’évidence globalement satisfait de lui et de ses résultats. Le cap et les orientations générales de sa politique vont être maintenues et le rythme du changement doit même s’accélérer.

La crise de régime ne peut que  s’amplifier.

Mais cette crise était prévisible, programmée pour ainsi dire. Elle est évidemment liée à la personnalité du chef de l’Etat et à son programme de destruction sociale et écologique, mais elle représente aussi la faillite de nos institutions et de la Vème République. Il faut sans cesse rappeler qu’au 1er tour de l’élection présidentielle Emmanuel Macron n’a recueilli qu’un peu plus de 18% des électeurs inscrits ; opposé au second tour à Marine Le pen, il a été élu par défaut. Mais, comme Jacques Chirac avant lui, le président des riches est désormais investi de tous les pouvoirs, la dynamique de la présidentielle et le scrutin majoritaire lui ayant permis de disposer  pour voter ses lois scélérates de députés godillots en grand nombre. Il dirige le pays, sans état d’âme, comme s’il avait été élu pour appliquer son programme. Cette magnifique imposture ne peut donc déboucher que sur une insatisfaction et un désaveu croissants.

La République en marche reste ultra minoritaire dans le pays et pour se maintenir au pouvoir Emmanuel Macron use désormais principalement de deux  moyens :

  • la répression policière et la limitation des libertés publiques qui vont crescendo
  • la promotion des idées de son adversaire et concurrent direct, le Rassemblement national : Macron s’emploie à porter sur le devant de la scène soit personnellement, soit par l’intermédiaire du sinistre Castaner les thèmes de prédilection du mouvement d’extrême droite, notamment l’invasion migratoire et le danger que représente  l’islam pour la société française et nos valeurs. “Il faut reconstruire l’art d’être français”.

Durant cette conférence de presse, le Président aura pu également constater qu’un autre appui ne lui fait pas défaut : celui des médias dominants. De ce côté là aussi, il n’y a pas eu de surprise et l’assistance a assuré un parcours paisible à Emmanuel Macron. Les bras levés étaient sans aucun doute soigneusement choisis ( le Président connaît son monde) et il s’agissait à l’évidence du distillat mielleux  d’une presse déjà sélectionnée par une accréditation présidentielle distribuée avec parcimonie. L’atmosphère de la salle des fêtes de l’Elysée était tout à fait bienveillante, l’air y était tout à fait respirable et le Président n’en a pas manqué ! Il avait certainement préparé ses effets, répété ses mimiques en face de ses conseillers en communication pour faire passer de gros mensonges en vérités évidentes (il n’y a de toutes façons jamais de droit de suite accordé aux journalistes pour contester les réponses présidentielles)

Les dernières tirades sur l’affaire Benalla furent l’occasion d’un grand moment de théâtre, la conseillère Brigitte peut être fière de son élève, vraiment du bel ouvrage !

La première conférence de presse d’Emmanuel Macron s’est ainsi terminé en apothéose. Visiblement satisfait de lui-même et de son auditoire, le Président a assuré, sur un ton enjoué, qu’il y en aurait d’autres. . .

 

Dans la rue, à l’occasion notamment du 1er mai, le peuple va lui répondre : NON MERCI, ON A COMPRIS !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.