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Billet de blog 29 juin 2025

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Les caniches et le mouton noir

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Ils sont tous là, réunis une nouvelle fois autour du grand chef de l’Occident, un peu apeurés à l’idée de devoir peut-être subir ses sarcasmes. Certains, parmi les plus dociles ou les plus lâches, essayent de s’attirer ses bonnes grâces en le complimentant, en le flattant, en louant son intervention en Iran, ils savent qu’il adore ça. Seul Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, bien résolu à ne pas se compromettre, se tient ostensiblement éloigné de Donald Trump. Ils sont sur le qui-vive, ils peuvent être à tout moment humiliés, rabaissés. Avec le représentant de MAGA (Make America Great Again), il convient de faire profil bas, de ne pas le contredire, de ne surtout pas lui voler la vedette, la parole de l’élu de Dieu doit être respectée. Commenter ou interpréter ses faits et gestes sans avoir son aval n’est pas davantage toléré et expose l’indélicat qui s’en rend coupable à des représailles. Emmanuel Macron qui aime bien se faire remarquer en avait fait l’amère expérience lors du sommet du G7 à Ottawa : lorsque Donald s’était éclipsé sans crier gare, il avait glapi une excuse possible : le maître était probablement parti pour travailler à un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran. La réponse ne s’était pas fait attendre : « Volontairement ou pas, Emmanuel se trompe toujours », et l’on connaît maintenant la suite. . . Donald recadre immédiatement ceux qui essayent de parler à sa place, comme s’il était possible de se hisser à sa hauteur et de prévoir ce qu’il va faire ! Les voies du seigneur et maître sont impénétrables et doivent le rester.

Cela dit, Emmanuel est un bon toutou, il fait parfois mine de grogner mais ne mord jamais, il est bien tenu en laisse. Fidèle et dévoué, il est sans aucune ambiguïté dans le camp des riches et connaît ses intérêts, il ne veut pas qu’on lui retire sa gamelle. S’il est agacé ou frustré, il pourra toujours se défouler sur Brigitte ou sur un gilet jaune traînant par là.

Au sommet de l’OTAN à La Haye, c’est encore Donald qui est le maître du jeu et qui distribue les bonnes et les mauvaises cartes, ses alliés ou plutôt ses affidés sont en concurrence de reconnaissance, c’est à celui ou celle qui frétillera le plus, qui acquiescera le plus vite à ses demandes. Cette fois, le maître veut que les chefs d’État européens, membres de l’OTAN, s’engagent à augmenter leurs budgets militaires . Il a prévenu ; il ne se contentera pas de demi -mesures. Alors c’est décidé : les caniches de Trump s’engagent à muscler l’OTAN, ce sera 5 % de dépenses dédiées à la défense et à la sécurité. Le maître n’en attendait sans doute pas tant et aussi rapidement, il en convient : « c’est énorme » ! ; Seule l’Espagne avec Pedro Sachez rentre définitivement en résistance. L’Espagne ne consacrera pas plus de 2,1 % de son PIB à ses dépenses militaires, «un investissement suffisant, réaliste et compatible avec notre modèle social et notre État providence». LEspagne est aussi le seul pays européen à condamner fermement la politique génocidaire du gouvernement de Netanyahu et à demander que l’UE rompe son accord d’association avec Israël. Décidément tout se tient. Trump veut évidemment sanctionner ce mouton noir pour cet acte de rébellion, gageons qu’il ne pourra guère compter sur la solidarité de ses partenaires européens !

Pour s’armer à profusion, il va falloir sérieusement rogner sur d’autres budgets. Un poste d’économie potentielle est tout trouvé, désigné par Donald : l’écologie. L’écologie, ça ne sert à rien, ça ne sert qu’à entraver les vrais créateurs de richesse. Et puis, la bascule est presque parfaite : le Pacte vert européen représentait environ 1000 Milliards d’euros d’investissements dans la transition écologique, c’est à peu de chose près ce que l’UE s’apprête à investir dans sa défense et sa sécurité.

Les caniches ont trouvé un maître qui leur montre la voie

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