L’ESS N’EST PAS UNE PANACÉE

L’ESS, c’est social, comme économie, par définition, et solidaire en plus, donc l’économie sociale et solidaire, quand on est un militant alternatif au minimum progressiste, on encense ! Moi, j’encense pas.

Les grosses mutuelles, certes, ne rémunèrent pas d’actionnaires prédateurs, mais elles sont tout à fait capables de faire de la répression syndicale comme toute grosse entreprise qui court après son développement.

Les associations n’ont pas d’obligation particulière et peuvent traiter elles aussi leurs salariés comme des esclaves et leurs usagers comme des imbéciles. Si, si, ça existe ! Quant aux coopératives de salariés, elles ne cèdent jamais aucun pouvoir à leurs clients…

L’entreprise enfin démocratique que les utopistes sérieux réclament, est géré collégialement par les salariés, les fournisseurs, les clients et les investisseurs publics quand il y en a. C’est la définition de la Société coopérative d’intérêt collectif (Scic), qui existe, qui fonctionne, qui se développe et que tous les vrais militants utopico-politico-alternatifs promeuvent pour qu’elle devienne la règle.

Sauf qu’on en n’entend pas causer dans le poste.

Sauf que ceux qui, à la tête des banques coopératives ou des grandes associations d’insertion ou humanitaires, ceux qui parlent le plus de l’Euhessehesse, de Labo de l’Euhessehesse et tout ça, s’accommodent très bien du système injuste qui nous régit, des banques qui défiscalisent tous les trafics et des fonds de pension qui licencient à tout va pour optimiser les investissements de leurs retraités californiens.

J’ai une amie qui a arrêté de participer au réseau d’échange de savoirs de son village parce que personne ne rendait plus service gratuitement à ses voisins.

Les monnaies locales intéressent les petits commerces des centres villes, mais elles ne gênent pas vraiment la grande distribution.

Et le salaire à vie ou revenu d’existence dont la promotion se fait si intense ces derniers temps, y compris dans les forums de la Nuit debout, désolé, il ne redonne pas la dignité aux travailleurs privés d’emploi. L’idée est d’ailleurs soutenue par des individus de tout l’éventail politique existant.

Alors, l’utopie, la vraie, c’est quoi ? Ben, c’est une société où les entreprises sont toutes des Scic comme décrit plus haut et où on ne met pas en prison ceux qui ont volé du riz, des pâtes et une boîte de sardines, ce qui est arrivé à un jeune sans abri de 18 ans et demi, dans le Lot, à la mi-mai !

Une société où l’essentiel nécessaire à une vie digne serait gratuit et où le travail, justement rémunéré, serait permis à tous ceux qui le désirent.

Vous êtes d’accord ?

Moi aussi. Bienvenue au club et bon courage !

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