CETA, volontarisme wallon, quel effet ?

Croyons-nous que le débat de fond, brillamment réclamé par P.Magnette, sera porté avec rigueur, par les Media à la solde ?

 

Paul Magnette met en cause le CETA, parce que l’opacité de ses mécanismes instituants, et la reconnaissance du rôle des tribunaux arbitraux sont les paradigmes fondateurs d’un redéploiement du "libre" marché.

 L’opposition démocratique, réussira-t-elle, n’est-ce pas l’échec de ce volontarisme qui conforterait l’idée que le marché est démocratique ?

 Le modèle de « la vaccine » est connu, « Vous voyez bien que ….». Dans le scénario de l’échec, la parole des Wallons aura montré que le marché s’est soumis à la démocratie. Nous avons déjà entendu cette musique …par exemple, pour reconduire le principe de la spéculation, il suffit de proposer d’interdire radicalement les jeux boursiers spéculatifs, ce qui , précisément, a pour effet de conforter l’idée, moyenne et raisonnable, de la contrôler en la taxant.

 Belges, nous sommes connus pour notre le sens du compromis. Dans les faits, n’allons-nous pas permettre de conforter la norme des tribunaux arbitraux, moyennant quelques accommodements, lesquels permettront de faire croire que le droit public à un droit de regard sur le droit privé ?

 Croyons-nous vraiment que le système médiatique européen, relaiera et développera avec sérieux la mise à plat détaillée des discussions de « l’avenant contraignant réclamé par P.Magnette», aux 1600 pages de règlement du Traité.

 « Aller de l’avant » comme le veut Magnette, c’est-à-dire « signer quelque chose » , ne change pas le rapport social entre la commission discrète du Ceta et la Wallonie. Nous aurons ainsi des accommodements avec le marché tel qu’il est ! Comme pour la spéculation, nous admettrons le modèle des tribunaux arbitraux, et nous les justifierons en raison du principe d’efficacité pour décider de ce qui est juste. Ainsi, l’oligarchie marchande s’arrogera le droit de faire condamner les États qui iraient à l’encontre de ce qui est "juste" pour le marché, au risque de faire payer les peuples pour réparer les erreurs (les fautes) de leurs décideurs vis -à-vis des marchands.

 Croyons-nous que le débat de fond, brillamment, demandé par Magnette sera porté avec rigueur par les Media à la solde ? Je crois, de mon côté, que les journalistes sont bien trop « lobbyés » (au SMIC, comme au luxe précaire), bien trop « bruxellisés » pour que pour nous puissions envisager, à court terme, quelques changements fondamentaux … ? Alors, quel sera l’effet des traces ... laissées par le volontarisme wallon ?

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Le journalisme de MEDIAPART pourrait-il, dans la durée, soutenir et développer l’énergie du discours de Magnette, ou se contentera-t-il de faire "sa part" de colibri ? Le moment est décisif !

 

 

 

 

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