C'est l'automne. Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
comme Prévert l'écrivit et comme le chantait Montand,
sur un air de Kosma.
Voici un système D pour valoriser un tel cadeau de la nature...
à des fins de compostage.
Bruler des milliers de tonnes de déchets organiques provenant des ménages, c'est une contribution absurde à la pollution de la planète et au réchauffement climatique.
Il reste que trier des déchets organiques, c'est plus facile à la campagne qu'en ville.
A la campagne, il suffit d'un compost au fond du jardin.
En ville et en appartements, il faut s'en remettre aux collectes des déchets compostables organisées par les services publics.
Certains services de ramassage optent pour des sacs biodégradables, d'autres proposent des bacs (dit aussi "conteneurs") spéciaux pour déchets compostables.
Pour les sacs, le problème ce sont les déchirures, notamment lorsque les déchets ont le temps de se liquéfier un peu avant le passage des camions de collecte des déchets.
Pour les bacs, le problème c'est l'entretien du bac. Il faut le nettoyer très souvent avec un tuyau d'arrosage.
A force de vivre entre la Belgique, le Luxembourg et la France, j'ai acquis diverses expériences en matière de recyclage des déchets compostables. En Belgique, j'utilise les sacs biodégradables distribués gratuitement par le service communal de ramassage des déchets. A Luxembourg, ce sont des bacs à déchets compostables qui sont mis gratuitement à la disposition des habitants qui en font la demande. En banlieue parisienne, absolument rien n'est prévu pour les déchets organiques. Comme l'idée que des déchets compostables puissent être brulés m'est insupportable, il m'arrive souvent d'emballer soigneusement des déchets compostables et de les ramener en Belgique ou à Luxembourg.
Le problème des sacs n'est pas trop difficile à gérer. Quand un sac commence à se déchirer, il suffit de prendre un autre sac pour emballer le premier.
En revanche, nettoyer un bac pour déchets compostables est une corvée rédhibitoire, sans parler du gaspillage d'eau.
Alors désemparés, ne pouvant nous résoudre à jeter nos déchets organiques dans les poubelles résiduelles à Luxembourg, nous avons imaginé un système D.
Il suffit de déposer un tapis de feuilles mortes au fond du bac pour déchets compostables. Ces feuilles mortes vont absorber les résidus liquides. Elles sont évacuées avec les déchets organiques, le jour de la collecte. Après chaque passage du camion de ramassage, il suffit de déposer un nouveau tapis de feuilles mortes au fond du bac.
Il reste qu'il faut disposer toute l'année d'une réserve de feuilles mortes. Pour cela, il s'agit d'être prévoyant. Depuis quelques années, mes enfants récoltent deux ou trois sacs de feuilles mortes en automne. Ça les amuse. Grâce à cette fenaison de feuilles mortes, nous n'avons plus besoin de nettoyer le bac à déchets compostables, ou très rarement. A l'usage, il apparait que deux sacs de feuilles suffisent pour les déchets organiques de notre famille nombreuse pendant une année.
Pour extrapoler ce système D, on peut imaginer que des tapis compactes de feuilles mortes soient distribués aux ménages, de la même manière que le sont les sacs pour le tri sélectif des déchets ménagers.
Si l'on distribuait des tapis de feuilles mortes, cela permettrait de généraliser le compostage en ville et ainsi d'éviter bien des pollutions.
Jean-Lucien Hardy