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Billet de blog 19 juillet 2013

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Compensation Écologique seulement Médiatique (CEM)

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le principe de la compensation écologique consiste en un "Ensemble d'actions en faveur de l'environnement permettant de contrebalancer les dommages causés par la réalisation d'un projet qui n'ont pu être évités ou limités." (source)

En particulier, la compensation carbone est une "Démarche qui consiste, après avoir cherché à réduire, sur place, ses émissions de CO2, à mettre en place des projets de réduction ou de capture et séquestration du carbone en un autre lieu. Ces projets peuvent porter sur l'efficacité énergétique, la production d'énergie renouvelable ou encore le reboisement." (source)

Cela étant, force est de constater qu'il existe des initiatives foncièrement polluantes dont les responsables ne sont pas tenus par une compensation écologique, un concept qui n'a guère force de loi.

Parmi ces initiatives, il y en a même qui semblent faire l'apologie de la destruction de la planète, comme par exemple les courses automobiles.

En tant que riverain confronté à une telle course organisée dans une petite ville en Belgique (Malmedy), j'ai d'abord essayé d'empêcher cette course en faisant valoir toutes sortes d'arguments, notamment les arguments environnementaux. Mais ce n'était guère évident, car les autres habitants du quartier, quoique opposés à cette course en majorité, ne voulaient guère se mobiliser. Le bourgmestre de la ville (l'équivalent du maire en France) m'avait dit "Il faut bien que j'essaye de contenter tout le monde!" Certes, pour quelques riverains, cette course était l'occasion de rompre le silence du quartier, un silence qu'une majorité d'habitants considèrent comme un atout. Par ailleurs, quelques rares riverains sont des amateurs de sport ou de mécanique automobiles.

Ayant contacté l'organisateur, au demeurant un homme très courtois, il me dit dans le feu de la discussion: "Mais le but de la course n'est pas de polluer!" Partant de là, nous décidâmes d'un compromis.

Le compromis consistait en un message que l'organisateur s'engageait à distribuer aux participants et aux spectateurs de la course. C'était en 2011, juste après l'explosion de Fukushima, le début d'une catastrophe dont les séquelles sont infinies dans le temps et dans l'espace.

Le message disait ceci: "Le but de cette course de voitures historiques n'est pas de polluer. Pour compenser la pollution, nous vous invitons à faire un geste symbolique en faveur de l'environnement. En pensant à la récente catastrophe de Fukushima, nous vous proposons de signer pour la sortie du nucléaire sur le site internet: www.nucleairestop.be. D'avance merci!"

Ce message n'est pas un compensation écologique au sens de la définition citée plus haut. L'ambition est bien moindre, seulement médiatique. L'avantage est double.

D'une part, le message permet de lever toute ambiguïté quant à l'intention des organisateurs et à leurs valeurs. En l’occurrence, il s'agit de passionnés de sport mécanique qui polluent un peu malgré eux, seulement pour assouvir leur passion. Leur but n'est ni de faire l'apologie de la pollution, ni même de nier l'impact polluant de la course qu'ils organisent.

D'autre part, grâce à ce message, la course devient un outil publicitaire en faveur de l'environnement. En l'occurrence, la course colportait un message sérieux visant la sortie du nucléaire. La pétition se trouvait sur le site de GreenPeace. En 2011, on attendait que le gouvernement belge confirme son plan de sortie du nucléaire. Depuis lors, un plan de sortie a été confirmé.

A suivre...

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