Les énergies nouvelles comme réponse au terrorisme

Quelques jours avant la COP21 et quelques jours après les graves attentats terroristes, il convient de souligner que les énergies fossiles ne sont pas seulement un fléau climatique: elles représentent aussi un fléau terroriste, soit comme rentrées d'argent, soit comme cibles d'actions potentielles.

On savait que le pétrole est un des pires fléaux qui soit en matière environnementale.

Mais daech a prouvé que ce pétrole était devenu aussi une gigantesque source de revenus pour le terrorisme.

Comment cela a-t-il pu se produire, c'est un autre débat.

Pour l'heure, nos pays meurtris n'ont d'autres solutions que de s'engager dans une guerre pour faire exploser des installations pétrolières et des camions citernes, comme s'il n'y avait pas déjà assez de pollution sur cette planète.

La culture mortifère des terroristes n'en a évidemment rien à cirer du réchauffement climatique.

Il est même permis de penser que les terroristes font l'affaire de tous ceux qui bénéficient des milliards du pétrole. Sans tomber dans la théorie du complot, on peut aisément imaginer que les Elf, Exon, Shell, Total, et autres peuvent se réjouir secrètement que des attentats terroristes détournent l'attention de millions de gens par rapport aux dangers du réchauffement climatique, et ce juste avant une conférence mondiale qui vient en réponse à ces dangers.

Et cela va plus loin. Il est permis de penser que les mafias terroristes n'en ont rien à cirer ni des énergies renouvelables ni du nucléaire très sécurisé qui échappe à leur contrôle comme rentrées d'argent.

On peut penser que les terroristes qui vivent du pétrole auraient tendance à s'attaquer aux installations qui font concurrence au pétrole, à savoir les installations d'énergies renouvelables ou les centrales nucléaires.

En termes d'anticipation sécuritaire, les énergies renouvelables représentent le meilleur choix, parce qu'elles sont distribuées et parce que la destruction d'une installation d'énergie renouvelable aurait un effet très limité dans le temps et dans l'espace.

Par contre, les installations nucléaires sont des cibles pour lesquelles les accidents de Three Mile Island, de Tchernobyl et de Fukushima ont démontré un potentiel de notoriété infinie dans le temps et dans l'espace. Aucune centrale n'a encore fait l'objet d'action terroriste, mais on croise les doigts, sachant que GreenPeace a bien démontré la vulnérabilité des centrales (à Fessenheim, à Nogent et à Tricastin), sans parler des survols de drônes.

Bref, faire exploser une éolienne est sans aucun intérêt terroriste, mais faire sauter une centrale nucléaire, c'est sans doute un rêve terroriste contre lequel l'humanité doit et va devoir se protéger pendant des centaines d'années voire plus. Même quand il n'y aura plus de centrales nucléaires, les déchets resteront des cibles ou des outils terroristes.

Un scénario d'attaque terroriste contre une centrale nucléaire est loin d'être impensable. Il suffirait par exemple qu'un employé du nucléaire se radicalise. Les employés du nucléaire étant de plus en plus marginalisés de nos jours, la probabilité d'un tel scénario est loin d'être négligeable.

Répondre à la menace du réchauffement climatique par des installations nucléaires est, déjà en soi, une aberration écologique comme le martèle le réseau Sortir du Nucléaire. Mais c'est aussi une aberration sécuritaire, car cela revient à maintenir ou à augmenter un potentiel d'effets infinis pour actions terroristes, infinis dans le temps et infinis dans l'espace.

En résumé, alors que le pétrole est menaçant en tant que source de revenus pour le terrorisme, le nucléaire est infiniment menaçant en tant que cible d'actions terroristes.

En conclusion, qu'il s'agisse du fléau climatique ou du fléau terroriste, la seule réponse valable est celle des énergies renouvelables.

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