Covid, le voir et l’imprévoyance

Le virus circule, n’y aurait-il donc rien à voir ?

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Cela n’a évidemment aucun rapport. Mais dans Covid, il y a « vid », que je ne saurais relier au « vide », mais plutôt au latin « videre » (« percevoir par la vue, être témoin de »), qui a donné, en ancien français, « vedeir » (dans La Chanson de Roland, vers 1100 : « Ne loinz ne pres [es] ne poet vedeir si cler / Ni loin, ni près ne peut-on voir si clair »).
Qu’est-ce que le Covid nous donnerait l’opportunité de voir, pour peu que l’on ouvre les yeux ? Question d’autant plus intéressante que, alors même que cette pandémie (ou une autre) était absolument « prévisisible », elle n’a pas été « pré-vue ». Comme le disait Macron dans son interview au Financial Post « Celle-là [cette crise-là », je ne l’ai pas vu venir ». Cette pré-vision défaillante s’est traduite par un défaut de pré-voyance (masques, tests, etc.). Or, comme disait Émile de Girardin, « Gouverner, c'est prévoir ; et ne rien prévoir, c'est courir à sa perte » (La politique universelle, 1852).
Mais pour cela, doit-on s’en remettre à un gouvernement qui ment plus qu’il ne gouverne ? (« Quand on est chef de gouvernement on ne peut pas dire la vérité ; on ne la dit jamais. Gouverner c’est mentir », Jean Giono, Précisions, 1939).
Faut voir… « Si un peuple a les seuls gouvernements qu’il mérite, quand mériterons-nous de n’en avoir pas ? » (Paul-Jean Toulet, Monsieur du Paur, 1921)

Deleuze et le « point de vue »
A voir aussi, le cours de Deleuze sur le « point de vue » chez Liebniz. La ligne de fuite empruntée, depuis quelques siècles, dans les idées politiques et qui ont conduit à une certaine formulation de la modernité participe au délire délétère en cours.

Gilles Deleuze sur Leibniz (1986) - Le point de vue © Marco

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