Benalla-Macron : un maxi-scandale d’État

C’est clair comme de l’eau de boudin : avec les « passeports diplomatiques » qu’a continué à utiliser Alexandre Benalla, il y a anguille sous roche. Mais il y a bien plus grave encore : quelle est l’équation secrète du Theorem ?.

benalla-telephone
On est dirigés par une bande de Pieds Nickelés (et encore, les Pieds Nickelés, ils étaient sympa). Depuis la dernière audition d’Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat, la plupart des commentaires portent sur les fameux « passeports diplomatiques » utilisés par le collaborateur d’Emmanuel Macron postérieurement à son éviction de la Présidence de la République.

C’est important, certes, mais l’essentiel n’est-il pas ailleurs ?

Je veux parler du téléphone Theorem. Qu’Alexandre Benalla ait bêtement « oublié » de le rendre début août, passe encore (on a déjà avalé tellement de bobards). Mais figurez-vous un peu : à l'Elysée, il n'y aurait donc eu personne (pas même l’amiral Bernard ROGEL, Chef de l'état-major particulier), pour s'inquiéter de ce qu'Alexandre Benalla ait gardé sur lui, pendant plus de 2 mois après son licenciement, un téléphone archi-hyper sécurisé (même le directeur de cabinet de Macron ne dispose pas d'un tel appareil, a confié Benalla lors de son audition !). Imaginons un instant que courant août ou septembre, Benalla ait été enlevé par les services secrets russes -par exemple- qui auraient fait main basse sur le précieux engin !!! Tous les hauts-fonctionnaires de l'Elysée auraient dus être licenciés sur le champ pour faute professionnelle-grave.

Cette affaire est invraisemblable.

Seule explication a priori plausible. A l'Élysée, une seule personne (THE BOSS) avait l'autorité nécessaire pour ordonner que le Theorem de Benalla soit laissé en sa possession.

Pourquoi ? A quelles fins. THAT IS THE QUESTION.

Lors de son audition devant la commission d'enquête sénatoriale, questionné sur le fait de savoir s’il a poursuivi, après son licenciement, une forme de collaboration avec l’Elysée, Alexandre Benalla établit un subtil distinguo entre le bâtiment (le Palais de l’Elysée) et l'institution (la Présidence de la République). Et il confirme : oui, des contacts ont été maintenus avec certaine(s) personne(s) à l’Elysée.

Peut-on avoir la liste précise des personnes qui sont en possession, à l’Elysée, de ce fameux téléphone Theorem ? (on le répète, même Patrick Strozda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron n’en dispose pas !).

Pour résoudre cette énigmatique équation et comprendre la formule du théorème, peut-être faut-il s’en remettre aux paroles d’un autre  « théorème », jadis chanté par Salvatore Adamo : « On s'était élus un jour / A l'unanimité de nos voix / Pour gagner au premier tour / Un monde entier pour toi et moi / On s'aimait les yeux fermés / Telle était notre loi. »

Salvatore Adamo, Theorem © Jpierre Blaquiere

PS - article publié dans Le Canard enchaîné, 23 janvier 2019

Le Canard enchaîné, 23 janvier 2019 Le Canard enchaîné, 23 janvier 2019

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.