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Billet de blog 24 févr. 2013

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France inhospitalière. Pour les artistes africains, "la question du visa demeure un casse-tête"

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Le changement ? Rien ne change vraiment. Ainsi en va-t-il du "casse-tête administratif" pour obtenir des visas pour les artistes africains afin qu'ils puissent se produire en France. Voir l'article de Gilles Renault dans Libération (20/02/2013) :

Les Grandes Personnes de Boromo, cousines de celles d’Aubervilliers, sont des marionnettes géantes faites de bric et de broc (terre crue de termitière, bouteilles vides, paniers, calebasses, fers à béton, chambres à air découpées…) qui paradent dans l’espace public. D’un nombre variable, selon les occasions (et la commande), elles se déhanchent du haut de leurs 3 ou 4 mètres, agitent les bras en tous sens et font la joie des familles. Fil rouge du festival Rendez-vous chez nous, elles ont remporté un joli succès chez elles, au Burkina Faso, comme ailleurs - dont l’ouverture du Mondial 2010 en Afrique du Sud.

Les Grandes Personnes de Boromo forment la plus importante compagnie africaine et aussi la mieux structurée, disposant de leurs propres bâtiments pour répéter et stocker le matériel. Le collectif compte plusieurs dizaines de membres, chacun, en dehors des défilés, exerçant à l’occasion des activités complémentaires - agriculteur, éleveur, sculpteur… Ils leur arrivent aussi, à des fins purement alimentaires, de jouer pour des marques, opérateur téléphonique, banque, etc., dont elles portent les couleurs.

Contorsions. La bande tourne depuis dix ans, et on l’a déjà vue en France, pas plus tard que l’été dernier au festival Mimos de Périgueux. Normalement, elle reviendra prochainement sous nos latitudes, mais chaque déplacement se monte au prix de mille et une contorsions qui, pour le coup, n’ont plus grand-chose à voir avec l’expression corporelle.

«Il faut d’abord passer par la direction départementale du travail, explique Patrice Papelard, des Invites de Villeurbanne. Il y a toujours plein de paperasse à remplir pour établir les contrats, obtenir les visas, etc. Leur prochaine venue concernerait une vingtaine de personnes, donc autant de billets d’avion ; et il faut aussi s’occuper bien sûr de l’hébergement, de la nourriture, etc.» Seul moyen de rendre l’opération économiquement viable, trouver d’autres festivals prêts à les recevoir à la même époque. Par chance, les Invites, dont la 12e édition se déroule cette année du 19 au 22 juin, font partie de la Fédération internationale de festivals De concert, où figurent les Eurockéennes qui ont aussi donné leur accord pour accueillir la déambulation. Egalement conquis à Ouagadougou par le cirque guinéen Tinafan, Patrice Papelard aimerait aussi le présenter sur sa grille de départ.

Cette troupe, elle, sera déjà sur notre territoire, le mois d’avant, à Toulouse, mais comment l’occuper jusqu’aux Invites ? Et aussi obtenir l’imprimatur, dans ce qui ressemble déjà à une course contre la montre, sachant que l’arrivée de la gauche au pouvoir n’a marqué aucun assouplissement notable sur le sujet…

«Dur». «La question du visa demeure un casse-tête, note Boniface Kagambega,à la tête du festival Rendez-vous chez nous. Même des artistes en activité depuis vingt ans ne sont jamais sûrs de l’avoir, étant régulièrement tributaires de nouveaux interlocuteurs au consulat qui s’en foutent. Pourtant, croyez bien que ce serait trop dur pour quelqu’un comme moi et bien des concitoyens de vivre en Europe. Au point que je n’y ai même jamais songé.»

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