Juan Branco ou le crépuscule des idées émancipatrices, par Julien Salingue

La sortie en édition de poche, le 3 octobre 2019 chez Points, du livre Crépuscule, de Juan Branco, un an après sa mise en ligne, dans une première version en téléchargement gratuit sur internet, est l’occasion de revenir sur un ouvrage et un auteur qui ont, au cours de l’année écoulée, connu une audience importante, notamment à la faveur – et au sein – du mouvement des Gilets jaunes.

 par Julien Salingue -L'Anticapitaliste

Un succès dont il importe d’identifier et de comprendre les ressorts, mais qui ne doit pas nous empêcher de formuler d’importantes critiques à l’égard d’une vision du monde qui, sous couvert de critique radicale des élites, entretient la confusion plus qu’elle n’éclaire, et encourage à la passivité et à la délégation davantage qu’à l’action collective réellement émancipatrice.1

La thèse de Juan Branco pourrait être résumée comme suit : l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, loin d’être le produit de la concurrence libre et non faussée entre candidats à l’élection présidentielle, est l’aboutissement d’un travail souterrain accompli par une caste économico-médiatico-politique parisienne, pour le seul profit d’oligarques déterminés à faire main basse sur l’ensemble des richesses du pays. Branco entreprend ainsi de peindre le tableau de cette caste, de ses réseaux, de ses pratiques, de son immoralité, dans ce qui peut apparaître à la première lecture, si l’on fait abstraction du style grandiloquent et souvent pompeux de l’auteur, comme un réjouissant flingage en règle des élites qui prétendent être légitimes pour nous gouverner. 

Portrait(s) au vitriol des élites parisiennes

Il faut dire que Juan Branco est un insider, qui a côtoyé de près lesdites élites, fréquentant les mêmes écoles, les mêmes déjeuners, les mêmes soirées. Enfant de la haute bourgeoisie parisienne, Juan Branco a ainsi été élève à la très sélect École alsacienne, se retrouvant dans la même promotion, entre autres, que le désormais secrétaire d’État Gabriel Attal (nous y reviendrons). Un insider qui a rompu avec ce milieu qu’il nomme le « petit Paris », premier cercle de l’oligarchie française, obsédé par son auto-reproduction en tant que caste dominante et assoiffé de pouvoir et d’argent. Une position de transfuge, de « traître à sa caste », qui est l’une des premières explications du succès de l’ouvrage de Juan Branco : il connaît ce milieu de l’intérieur, il en a été, ce qui ne manque pas de donner, en théorie du moins, une pertinence et une légitimité toutes particulières à sa critique au vitriol de ces individus sans foi ni loi et de ce milieu où tous les coups sont permis. À grands renforts d’anecdotes plus ou moins croustillantes et de révélations plus ou moins originales, Juan Branco propose ainsi à ses lecteurEs une plongée dans un monde inconnu pour qui n’en est pas issu, qui n’est pas sans faire penser parfois – le talent littéraire en moins –, aux romans de l’auteur étatsunien Bret Easton Ellis, entre autres et notamment American Psycho (sur le milieu des « golden boys » US) et Glamorama (sur le monde de la mode). 

Intrigues, népotisme, corruption, connivences, compromissions, endogamie : les phénomènes décrits par Juan Branco ne sont pas forcément inconnus du « grand public », mais le fait qu’il leur donne une consistance, avec des noms, des situations, des faits, est l’une des autres clés du succès de son ouvrage. Dans la dernière partie de celui-ci, Juan Branco dresse un portrait de son ancien camarade de promotion Gabriel Attal, secrétaire d’État depuis octobre 2018, dont la trajectoire permet, selon l’auteur, de « comprendre comment ces destins se forment aux berceaux, ce qu’ils disent de nos sociétés, et comment tout argument lié à une compétence ou un talent, une innéité qui dès leur plus jeune âge aurait justifié la stellaire propulsion qui par la suite leur sera accordée, ne saurait être invoqué pour en expliquer les fondements. »

C’est donc sur fond de description de la vie et des mœurs peu avouables du « petit Paris » que Juan Branco développe la thèse principale de son livre, exposée en début d’article, concernant l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron. Une thèse dont on trouve une version condensée dans l’ouvrage : « [On découvre donc ] qu’outre le fait que Xavier Niel et Emmanuel Macron étaient amis depuis des années – ce qui ne se disait pas – ; que cette amitié avait été mise au service d’un projet politique et avait mis en branle une machine de propagande huilée, financée par M. Niel et appuyée par M. Lagardère en dehors de toute règle électorale, au moins à partir de 2016, probablement bien avant ; et que cette machine de propagande a joué un rôle de première ampleur dans l’élection présidentielle de 2017, en permettant l’obtention de dizaines de Unes de presse people, de Paris-Match dont nous venons de parler à Gala, Closer et VSD, au profit d’un inconnu propulsé par là-même au cénacle des personnalités éligibles. » L’élection de Macron, sous couvert d’exercice démocratique « classique », a donc été fabriquée de toutes pièces par un cénacle d’oligarques, qui ont installé à la tête de l’État un homme issu de « leur » monde, sélectionné par leurs soins depuis plusieurs années. 

Une thèse que Juan Branco n’est pas le premier à proposer, et dans laquelle on pourrait, à bien des titres et au premier abord, se retrouver. Une thèse que Juan Branco présente néanmoins comme inédite, profondément subversive et, dès lors, selon ses propres termes, « impubliable institutionnellement ». L’auteur joue à fond sur le registre de la « censure », une posture qui a elle aussi contribué au succès de Crépuscule, donnant une odeur de souffre à un ouvrage nécessairement dérangeant, dans lequel on découvrirait ce que les grands médias ne disent pas tant « l’espace public français est traversé de semi-compromissions qui empêchent quiconque d’avoir l’indépendance suffisante pour tout raconter ».

Rien de nouveau sous le soleil ?

On l’aura compris, Crépuscule se présente comme un livre de révélation(s), donnant à voir les petits et gros secrets des élites, écrit par un insider qui a décidé de briser le sceau du secret et de mettre à profit sa connaissance des cercles de l’oligarchie pour exposer la vérité, nue, au peuple. Mais les bonnes intentions proclamées et les succès d’édition ne font pas tout. Et si le phénomène Crépuscule, vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et téléchargé, selon son auteur, « plusieurs centaines de milliers » de fois, nous informe sur le niveau de discrédit des élites dirigeantes et sur la haine tenace qui s’exprime, notamment dans les classes populaires, à l’égard de Macron et des siens, il n’en demeure pas moins que l’ouvrage de Juan Branco est loin d’être exempt – c’est peu de le dire – de toute critique. 

La première d’entre elle, sans doute la plus évidente, est que les « révélations » de Juan Branco sont, dans une très large mesure, du déjà-vu. Joseph Confavreux, dans une longue recension de Crépusculepubliée sur Mediapart le 25 avril2, explique ainsi, à juste titre et exemples à l’appui, que « Juan Branco s’approprie le travail des autres, ne source pas suffisamment ses "informations" et prétend révéler ce qui est déjà dans le domaine public [, gâchant] ainsi le poste d’observation privilégié dont il bénéficiait et dont il aurait pu tirer davantage d’analyses justes ». Les liens entre Macron et Niel ou le fait que ce dernier vive en concubinage avec Delphine Arnault, fille et héritière du milliardaire Bernard Arnault, sont ainsi loin d’être des scoops. Quant au tableau du petit cénacle des élites parisiennes et des moyens qu’elles mettent en œuvre pour perpétuer leur domination par une reproduction sociale soigneusement organisée et contrôlée, le moins que l’on puisse dire est qu’il n’apprendra pas grand chose à qui s’est penché sur les travaux des Pinçon-Charlot ou sur ceux, antérieurs, de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron. Entre autres.

On ne peut toutefois se contenter de reprocher à Juan Branco de ne pas inventer la poudre, même si la façon dont il met en scène ces prétendues révélations a de quoi agacer, et l’on pourrait même se réjouir qu’il contribue à diffuser une forme de critique sociale au plus grand nombre. Mais ce serait sans compter sur un autre biais majeur de Crépuscule : celui d’offrir une lecture des processus sociaux qui se fonde quasi-exclusivement sur les volontés et les agissements de quelques individus puissants, reléguant au second plan, voire à l’arrière-plan, les structures et dynamiques socioéconomiques. Il n’est pas anodin de relever que le mot « capitalisme » n’apparaît pas une seule fois, sauf erreur de notre part, dans l’ouvrage… 

Où sont les classes sociales ?

C’est ainsi que dans le monde de Juan Branco, les classes n’existent pas en tant que forces sociales, mais seulement en tant que lieux de socialisation. Une différence qui n’est pas des moindres, et qui permet de comprendre l’existence d’un angle mort majeur dans Crépuscule : au-delà de certains individus (Niel, Arnault, Drahi), quelles sont les forces sociales qui ont mis Macron au pouvoir ? À la lecture du livre, on en oublierait en effet presque que Macron a été élu lors d’un scrutin au suffrage universel. Mal élu certes, au terme d’une campagne biaisée sans aucun doute, mais élu tout de même. Et lorsque Branco pose la question « Aurait-on identiquement voté, si l’on avait su que ce jeune admirable, touché par la grâce et sorti de nulle part par la seule force de son talent, était en fait propulsé par l’un des hommes les plus puissants et les plus influents de France [Xavier Niel], dont on se doute qu’il n’agissait pas sans intérêts, avant même qu’il ne fut aux Français présenté ? », il semble oublier que nombre des électeurEs de Macron ont voté en connaissance de cause, parce qu’il représentait leurs intérêts de classe, et qu’ils referaient la même chose si un nouveau scrutin avait lieu demain. 

À trop se focaliser sur les intrigues des oligarques, Juan Branco ignore superbement le fait que l’enthousiasme dont a bénéficié Macron dans des secteurs entiers de la bourgeoisie n’est pas le simple produit des manœuvres de Niel et consorts. C’est ainsi que le récit téléologique de l’élection de Macron qui nous est donné à lire dans Crépuscule ne s’encombre pas, et pour cause, de menus détails tels que la crise des partis d’alternance (PS et LR), les mésaventures de certains des autres favoris de la bourgeoisie (Juppé, battu à la primaire, Fillon, affaibli par ses ennuis judiciaires et, dans une certaine mesure, Valls, éjecté lui aussi avant le premier tour) ou les mutations, génératrices de tensions et de rivalités – pas seulement entre individus –, de la structure du capital français. Pour Juan Branco, les individus – puissants – sont tout, et les structures sociales ne sont – quasiment – rien : l’élection de Macron, homme sans mandat et sans parti, n’est donc à aucun moment appréhendée comme pouvant être l’expression d’une crise profonde du mode de domination et de gouvernance politiques de la bourgeoisie, d’une crise d’hégémonie, mais seulement comme un « coup » réalisé par quelques oligarques rusés et malfaisants dont on ne comprend pas, dès lors, pourquoi ils n’y ont pas pensé plus tôt.

La morale contre la politique

Ce qui nous amène à la troisième critique, majeure, à adresser à Crépuscule. À force de considérer le cercle des oligarques ayant poussé la candidature de Macron comme un groupe hors-sol, et non comme les représentants de forces identifiables et mues par des logiques économiques, sociales et politiques rationnellement explicables, Juan Branco verse immanquablement dans une psychologisation de ces élites et dans un discours davantage moral que politique – au sens d’une analyse des modalités de conquête, d’exercice et de distribution du pouvoir. Et c’est ici que l’on pense de nouveau à Bret Easton Ellis, mais aussi à James Ellroy, chez qui l’on trouve, chacun avec son style et ses obsessions, des peintures d’une décadence de la société étatsunienne, où se mêlent argent, pouvoir, drogue, sexe et violence, soit la description d’une dégénérescence morale et d’un effondrement civilisationnel absolu, venue d’auteurs aux qualités littéraires incontestables –  le mot est faible – mais qui n’ont jamais dissimulé une vision du monde à droite, très à droite.

Chez Juan Branco, les élites omnipotentes sont aussi dégénérescentes. Le champ lexical de Crépuscule est à ce titre révélateur : « Les fortunes sont plus souvent le fruit de putréfactions cadavériques que d’actes qualifiant aux béatifications » ; « Les réseaux les plus putrides de la France la plus rance sont en lien avec ces puissants qui se gargarisent d’une élégante morale et de valeurs bienséantes. » ; « La fabrique de l’information en France s’est effondrée, acceptant avec toujours plus de naturel l’aberrant, faisant s’amollir jusqu’à laisser s’effondrer la société, emprise dans la mélasse d’un sentiment de pourri généralisé. » ; « Les mécanismes de reproduction des élites et de l’entre-soi parisien, aristocratisation d’une bourgeoisie sans mérites, ont fondu notre pays jusqu’à en faire un repère à mièvres et arrogants, médiocres et malfaisants. » ; etc. Comme n’ont pas manqué de le relever certains3, ce lexique fait davantage écho à la prose de l’extrême droite des années 1930,  prompte à dénoncer la « corruption » (dans tous les sens du terme) des élites sans jamais remettre en cause les fondements de la domination dans le système capitaliste, qu’à celles des auteurs et mouvements progressistes.

« Puissance obscure »

Et c’est fort logiquement que celui qui dénonce en outre « les mœurs irrégulières des plus riches de notre pays » et qui, dans la version papier de Crépuscule, publiée en mars 2019 au Diable-Vauvert, évoque « cette République qui a aspiré le monde, et qui sombre maintenant entre des mains prostituées » (sic) ne peut s’empêcher, à défaut de caractériser socialement et politiquement les processus qu’il décrit, de verser dans une rhétorique qui flirte allègrement avec le complotisme – tout en s’en défendant, bien évidemment. Lisons plutôt : « Quelle puissance si obscure permet-elle à ce point de les faire taire [les journalistes], et de transformer une opération de vile propagande en miracle éthéré ? » ; « Quelles forces étranges sont-elles ainsi capables de censurer les centaines de journalistes politiques qui, à Paris, ont pour seul rôle de révéler les mécanismes d’ascension et de chute et de nos dirigeants ? »4 ; « Tous les vecteurs qui, en une société saine, servent à contrôler les intrigants et à s’assurer que nos mécanismes de contrôle fonctionnent, avaient été infiltrés et subvertis jusqu’à éclater. » ; etc. 

Nous savons que l’accusation de complotisme n’est pas à manier à la légère, tant elle est devenue une arme de délégitimation massive pour faire taire toute critique des logiques souterraines à l’œuvre derrière le spectacle de la politique, et toute dénonciation des activités des lobbys, des conflits d’intérêts ou des mécanismes de censure et/ou d’autocensure. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’être intransigeant vis-à-vis de toute rhétorique qui entretient, volontairement ou non, l’idée selon laquelle les processus historiques seraient le produit de décisions prises, dans le secret des alcôves ou du « petit Paris », par un cercle d’« intrigants » en pleine dégénérescence morale, et non par des forces sociales défendant des intérêts collectifs, qu’ils soient matériels ou symboliques. Une telle vision du monde, aussi « radicale » soit-elle, entretient en effet toutes les paranoïas et apporte du crédit, quand bien même elle ne se confondrait pas avec eux, aux discours conspirationnistes dont les dégâts ne sont plus à démontrer. 

Et l’on ne pourra à ce titre manquer de remarquer que Juan Branco, dans une vidéo hallucinée datée du 28 avril 20195, au cours de laquelle il se prend à imaginer « le monde d’après » la destitution de Macron, envisage de remplacer le Conseil constitutionnel par « quelque chose d’assez simple avec des citoyens tirés au sort, et on pourrait proposer à quelqu’un comme Étienne Chouard de prendre la présidence de cette institution, mais sans droit de vote ». Un Étienne Chouard qui, depuis le référendum constitutionnel de 2005, a navigué dans des eaux bien troubles6, et qui venait tout juste d’appeler à voter, aux élections européennes, pour l’UPR du conspirationniste François Asselineau7. Ce qui ne semble pas déranger outre mesure l’auteur de Crépuscule, que l’on sait pourtant fort pointilleux sur les affinités électives des uns et des autres…

Chassez le naturel, il revient au galop

Au total, et quoi qu’en dise Juan Branco, qui affirme s’être fixé comme mission d’« aider chacun d’entre nous à mieux comprendre comment fonctionne le système », Crépuscule ne propose pas tant une critique radicale du « système » qu’un tir de barrage contre des élites décadentes menant le pays à sa perte. Le succès de l’ouvrage recèle donc bien des paradoxes, puisqu’il correspond « en même temps » à un niveau de discrédit rarement atteint par les responsables politiques au pouvoir, générateur de révolte, mais aussi à un air du temps « populiste », qui préconise davantage de se débarrasser de « mauvais » dirigeants, opposés au « bon » peuple, que de s’en prendre aux logiques profondes qui gouvernent un système reposant sur l’exploitation et les oppressions. Illustration frappante de cette confusion entre les individus et le système, cette formule, tirée de Crépuscule, que Juan Branco répète à longueur d’interviews et d’interventions : « Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption. » Exemple chimiquement pur, s’il en est, de la réduction de processus politiques et sociaux complexes à l’action d’individus malfaisants… 

« Toutes les critiques des classes dominantes et toutes les dénonciations de la captation du pouvoir par quelques-uns ne sont pas forcément émancipatrices. »8 Juan Branco en est bien conscient, lui qui, dans la vidéo déjà évoquée, offre ses services de « procureur » aux Gilets jaunes dans le cadre d’institutions de transition, et ainsi « d’être un de ceux qui permettraient de mettre ces personnes-là en prison ». Chassez le naturel, il revient au galop : le « transfuge » Branco, qui ne manque jamais de rappeler qu’il a fréquenté les mêmes écoles et les mêmes salons que les élites décadentes, notamment Gabriel Attal, sorte de double maléfique dont la corruption révèle(rait), en négatif, la pureté et le désintérêt de l’auteur de Crépuscule, ne serait-il pas le mieux placé pour organiser leur remplacement, voire pour les remplacer ? 

Ou, dans les termes de Joseph Confavreux : « Si la trajectoire peut être jugée plus sympathique que celle d’un jeune ministre témoignant de l’absence d’armature et d’engagement politiques des cadres entourant Macron, Branco, formé à la même école qu’Attal, continue en réalité à raisonner comme lui. Individualiste forcené et prenant de haut autant les structures socio-économiques qui déterminent les inégalités que les forces collectives qui pourraient affronter les puissants, il pense, à chaque instant, être le meilleur, y compris dans la catégorie "radicalité". »9 Une posture qui témoigne non seulement de l’égo démesuré de Juan Branco, mais qui exprime en outre, en dépit de la rhétorique démocratique et « anti-oligarchique » de l’auteur de Crépuscule, une vision fondamentalement aristocratique de l’exercice du pouvoir, bien loin des idéaux d’émancipation dont il lui plait de se revendiquer.  

Julien Salingue

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