Présidentielle 2022: une candidature collective pour un « Tsunami démocratique »

L'alternative au choix "peste ou choléra" en 2022 consiste à faire élire une personne tirée au sort, sans la moindre responsabilité d’élu(e) ou partisane, dont le seul mandat sera de convoquer une assemblée constituante, autrement dit de nouveaux Etats Généraux.

Les partisans de la démocratie comme de la justice sociale et climatique ont tissé des liens dans la résistance à la domination de la bourgeoisie. Les semaines et mois qui viennent mettent à l’ordre du jour des mobilisations unitaires et massives, jusqu’au rapport de force qui, profitant de l’ébranlement de la milice macronale, renversera cette domination. 

La tâche est urgente, car face aux désastres sans précédent qui arrivent, écologiques mais aussi économiques et sociaux, cette bourgeoisie met en place les outils d’une dictature que l’on peut déjà appeler LRN (LREM-LR-RN).

Rien est encore gagné pour le camp populaire. Celui-ci devra neutraliser les armes principales de la bourgeoisie. Une de ces armes est l’élection présidentielle, échéance toujours utilisée pour canaliser et étouffer les mobilisations sociales.

Les partis de gauche s’apprêtent à se présenter divisés, donc exclus du deuxième tour. Et si par un curieux hasard ils étaient en capacité de faire élire un candidat, celui-ci sera acculé à la trahison ou à l’élimination par la force. Jamais, nulle part, la bourgeoisie n’a reculé devant les urnes.

Le risque de voir Marine Le Pen élue n’est pas mince. Le bilan catastrophique du quinquennat, que ce soit sur le plan économique, social, démocratique ou écologique, risque de pousser des millions à voter « Tout sauf Macron »,  donc de mettre les nostalgiques de Pétain au pouvoir.

Si Macron est malgré tout élu, il fera la même politique que Le Pen, approfondissant la marchandisation du monde et la destruction des êtres humains et de la nature.

La seule façon d’éviter cette alternative peste ou choléra est de se rassembler au delà des partis et des politiciens, sur un objectif largement partagé: défendre la démocratie et la justice sociale et climatique. Elle consiste à faire élire une personne tirée au sort, sans la moindre responsabilité d’élu(e) ou partisane, dont le seul mandat sera de convoquer dès son élection une assemblée constituante, autrement de nouveaux Etats Généraux. Cette alternative commence à circuler et être discutée (voir par exemple cet article de Ludivine Bantigny  ou encore  ici ce billet de blog).

Voici à gros traits la feuille de route de ce qui serait un « Tsunami démocratique ». Largement circulée et retravaillée, cette esquisse de feuille de route pourrait permettre de lancer l'opération, en commençant par la phase d'adoption d'un appel, dont une ébauche figure ci-dessous.

Le caractère radicalement démocratique, inédit et « provocateur » de l’appel vis à vis des politiciens lui assurerait immédiatement un retentissement exceptionnel, permettant une signature de masse et la constitution de milliers de comités « Justice sociale et climatique» en quelques semaines.

  1. Elaboration d’un Appel « Justice sociale et climatique» (il faut trouver titre plus choc). Cet appel n’est pas un programme. Il vise à écarter l’alternative peste ou choléra, avec la victoire d’un(e) candidat(e) convoquant une assemblée constituante, et la création de comités « Justice sociale et climatique » envoyant une majorité dans cette assemblée.
  2. Adoption de cet Appel par des personalité(e)s reconnu(e)s dans l’espace public de secteurs variés, mais qui ne soient pas élu(e)s ou responsables politiques. 
  3. Signature massive de l’Appel
  4. Recherche parallèle de personnes non médiatiques volontaires pour prendre faire partie du collectif « Justice sociale et climatique ». Le rôle de ce collectif est double: être les porte-paroles de la campagne et désigner en son sein, en un deuxième temps, le ou la candidat(e) dont le nom figurera sur les bulletins.
  5. Création à initiative des signataires, dans les quartiers, lieux de travail et d’étude de comités « Justice sociale et climatique » prenant les initiatives qui leur semblent les plus appropriées pour commencer la campagne sur la base de l’Appel.
  6. Elaboration par les signataires de l’appel du matériel de campagne, y compris affiche, qui ne comprendrait la photo du candidat que pour les affiches « officielles »
  7. Tirage au sort du ou de la  candidat(e) au sein du « Collectif Justice sociale et climatique ».
  8. Campagne dans les médias non pas par le ou la tiré(e) au sort - que l’on maintiendrait loin des médias, à l’étranger au besoin, jusqu’à son élection- mais par des porte-paroles désignés parmi les signataires de l’appel. 
  9. Autant que possible, à chaque apparition média, un(e)porte-parole diffèrent(e). Ils ne défendent pas un programme, mais seulement l’Appel. 

ANNEXE -Esquisse d’appel au Tsunami démocratique

Les élections présidentielles de 2022 s’annoncent désastreuses pour la justice sociale et climatique, comme pour la démocratie.

Les partis de gauche s’apprêtent à se présenter divisés, donc exclus du deuxième tour. Et si ils étaient en capacité de faire élire un candidat, il serait acculé à la trahison ou à l’élimination par la force. Jamais, nulle part, la bourgeoisie n’a reculé devant les urnes.

Macron espère bien vaincre Marine Le Pen au deuxième tour. Les milliardaires derrière lui pourraient alors approfondir la marchandisation du monde et la destruction des êtres humains et de la nature.

Mais le bilan catastrophique du quinquennat, que ce soit sur le plan économique, social, démocratique ou écologique, risque aussi de pousser des millions à voter « Tout sauf Macron »,  donc de mettre les nostalgiques de Pétain au pouvoir.

La seule façon d’éviter cette alternative peste ou choléra est de se rassembler au delà des partis et des politiciens, sur un objectif largement partagé : défendre la démocratie et la justice sociale et climatique.

Nous proposons pour atteindre cet objectif de faire élire une personne tirée au sort, au sein d’un collectif « Justice sociale et climatique », constitué de volontaires répondant à l'appel, sans la moindre responsabilité d’élu(e) ou partisane, dont le seul mandat sera de convoquer dès son élection une assemblée constituante. 

Dans la vague du changement nous débarrassant de la peste et du choléra, il faut espérer que la jeunesse et les classes populaires, sortant de l’abstention, enverront à la Constituante une large majorité de défenseurs de la démocatie et de la justice sociale et climatique. 

C’est alors que le pays pourra se doter d’une constitution démocratique, et d’un gouvernement appuyant une transformation profonde vers la justice sociale et climatique. Avec un peuple organisé dans ses comités et déterminé à défendre cette transformation par les moyens nécessaires.

Les signataires de cet appel rendront public le nom des personnes volontaires pour un tirage au sort et pour assumer au besoin le rôle de candidat tiré au sort. D’ici là nous appelons tous les épris de démocratie et de justice sociale et climatique à signer cet appel, et à se rassembler dans des comités « Justice sociale et climatique », dans leur immeuble, quartier, village, lieu de travail et lieu d’étude pour préparer dès maintenant puis lancer la campagne. Et défendre le vote face à l’oligarchie, par tous les moyens qui seront nécessaires.

 

 

 

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