Présidentielle 2022: changer la règle du Je grâce au tirage au sort

Pour en finir avec une routine électorale mortifère, nous remobiliser et en appeler à l'intelligence collective, ne peut-on pas imaginer un nouveau dispositif à gauche pour gagner la présidentielle en 2022 et pouvoir ainsi engager la nécessaire transition sociale et écologique ? Par exemple en choisissant de tirer au sort le-la candidat-e d'une plate-forme commune de la gauche...

La volonté de transformation sociale et écologique du peuple de gauche risque de se fracasser une nouvelle fois en 2022 sur l’écueil de la martingale électorale macroniste. Il n’a manqué en 2017 que 600 000 voix au candidat insoumis pour franchir la barre du 1er tour. Pour ne pas reproduire cet échec, satisfaire tout-le-monde, sans s’engager dans des primaires débilitantes ou des luttes fratricides, pourquoi ne pas inaugurer un nouveau processus autour d’une plate-forme commune et d’un-e candidat-e désigné-e par tirage au sort ?

Si le PC, le PS, la FI, EELV, le NPA, Place Publique, Génération-s, d’autres encore présentent chacun des candidats à la prochaine présidentielle, nous savons tous ce qu’il adviendra: Macron et Le Pen se retrouveront une nouvelle fois face à face au 2ème tour. Ce qu’il en sortira ensuite est plus risqué à prédire… La détestation de Macron est telle qu’il y a fort à parier qu’un grand nombre de ceux qui se sont résolus à glisser son bulletin dans l’urne en 2017 ne recommencera pas.

Ni Macron, ni Le Pen

Si l’on ne veut ni Macron, ni Le Pen, une seule solution s’impose donc pour la gauche: présenter un ou une candidate unique face au binôme LREM-RN. Lequel ou laquelle, c’est toute la question. Mélenchon, Jadot, Royal, Hamon... Aucun d’eux ni aucun autre ne fera l’unanimité, c’est l’impasse.

Des représentants des partis politiques et des syndicats ont su entre 1943 et 1945 élaborer au sein du Conseil National de la Résistance « les jours heureux », une feuille de route commune pour préparer l’après-guerre. Ne serions-nous pas capable d’en faire autant ?

Porte-parolat

Pourquoi ne pas dès aujourd’hui inviter l’ensemble des organisations (partis, syndicats, organisations professionnelles, associations...) qui se reconnaissent dans une vision de transformation sociale et écologique de la société à s’engager dans l’élaboration d’une plate-forme commune pour l’après-Macron ?

C’est un programme qui serait alors présenté devant les électeurs, porté par tous, et non une personnalité.

Et pour désigner celui ou celle qui aura son nom sur le bulletin, pourquoi ne pas imaginer un tirage au sort parmi les candidat-e-s ? Cela n’enlèverait aucune légitimité aux autres pour porter la parole commune.

Sévèrement encadré par l’ensemble des organisations porteuses du projet, le ou la tiré-e au sort, réduit à une sorte de porte-parole, ne pourra ni s’attribuer un mérite personnel, ni tourner le dos au programme une fois élu-e.

Campagne innovante

La multiplication des candidatures comme une primaire de la gauche dégoûteraient encore plus sûrement un grand nombre d’électeurs potentiels d’un système dont ils sont déjà lassés.

Le tirage au sort permettrait de sortir des querelles d’ego, de la personnalisation, déjouerait à la fois le piège institutionnel et le jeu médiatique, et pourrait offrir à tous ceux qui veulent changer le monde les moyens de s’engager avec enthousiasme dans une campagne innovante en lieu et place d’une concurrence mortifère et d’une amertume partagée sur le constat déprimant de l’incapacité de la gauche à s’unir face à ses dangereux adversaires et l'état d'urgence climatique et sociale.

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