"Couac". L'intervention, ce matin, à la radio, du Ministre se résuma en ce seul mot: "Couac".
Son service de communication jubilait, pour un beau "couac", cette fois, c'est un beau couac! Que les médias reprirent en boucle à chaque bulletin d'information. On demanda toute la journée au Ministre de s'expliquer sur son couac et on l'invita même au JT du soir pour une séquence de "découacage". S'il pouvait tenir ce rythme d'un couac par jour, c'était la notoriété assurée pour ce ministre jusqu'alors peu connu!
Au gouvernement, on commençait à comprendre que les discours cohérents et sensés, "dans le sujet" comme on disait, ne faisaient pas recette et condamnaient celui qui les prononçait à l'ombre et à l'oubli médiatique. Aussi, certains ministres plus ambitieux, s'entouraient maintenant de spin doctors spécialisés dans l'élaboration des couacs. Ces "têtes à couacs", comme on les appelait familèrement dans les hautes sphères du pouvoir, passaient donc leur temps à imaginer ces couacs de plus en plus sophistiqués sur lesquels la carrière d'un homme politique pouvait, de jour en jour, rebondir.