Je débats, je me débats...

Alors j'y vais ou j'y vais pas au grand débat?

Racine ou Corneille? Voltaire ou Rousseau?  Sartre ou Camus? Anquetil ou Poulidor? Débats d’un autre âge… OM ou PSG? Neymar ou Mbappé, Arbitrage humain ou aide-vidéo? Booba ou Kaaris? Débats d’aujourd’hui… Il y a les débats en mode futile, slip ou caleçon? Ceinture ou bretelles ? Les débats de  fins de repas, fromage ou dessert?  Vanille ou chocolat? Thé ou café?  Il y a les   débats de riches,  circuit court ou produit bio?  Ile  de Ré ou Lubéron? Argent ou bonheur? Les débats de pauvres, manger ou mourir? Partir ou mourir? Rester ou mourir?  Les débats impossibles qui font tourner l’esprit en rond, Delafon ou Jacob,  Combaluzier ou Roux, Chaffoteau ou Maury, flic ou voyou…   

Et puis il y a le grand débat! Qui fait débat.

Alors, j’y  vais ou j’y vais pas à ce débat? Et si j’y vais, je vais à l’ « officiel », celui du gouvernement, ou au « vrai », celui des gilets jaunes ,ou encore à celui que veut organiser mon cousin Gaston  tout seul dans son coin et qu’il   appellera l’ « authentique » ou le « véritable » ou l’ « unique » et dont il ne communiquera  le résultat   à personne  pour être certain de n’être récupéré  par quiconque. au motif qu’à lui, Gaston, on ne la fait pas!

Et  qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire à ce grand débat? Moi qui hésite, qui coupe les cheveux en quatre,  me perds dans la nuance, me noie dans le doute,  me dissous dans le complexe.    

Au  grand débat, peu  importe ce que tu dis, se moque le cousin Gaston,  de toute  façon, ton avis, ils n’en tiendront pas compte… C’est comme pour les jeux olympiques à l'ancienne, l’essentiel pour Macron, c’est que tu participes et qu’il puisse dire que ta participation, c’est comme si tu avais voté pour lui!  

 Il a raison, le cousin Gaston, je ne suis pas dupe. Mais je n’ose lui dire que le pire serait qu’on en tienne compte de mon avis…

 C’est que que je suis pour la vanille et pour le chocolat, contre le fromage, mais seulement de temps en temps et  pour le dessert, mais pas toujours, quant au thé et au café, je choisis l’un ou l’autre selon  qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente ou que le soleil brille, selon les  amis qui m’entourent,  l’heure de la journée, la saison,  mon humeur…  Et  là, le choix est encore  simple, mais s’il me faut départager Sartre de Camus ou choisir Sartre contre Aron, le débat est sans limite et je ne souhaite pas qu’il  finisse en sous alinéa du énième  article d’un sinistre règlement interdisant à jamais, par précaution et par principe, toute révolte contre l'ordre établi.

Alerté je ne sais trop comment de mes craintes, le représentant local d’En Marche, qu’on surnomme ici "le ravi de la crèche", accourt et me rassure, débats en paix mon frèreaucun risque avec Monsieur le Président Macron, c’est un vrai libéral, il t'a posé ses questions, il te donnera ses réponses et tant que tu ne parles pas de rétablir l’ISF, tu peux tout dire. 

 

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