Ce qui est amusant (enfin façon de parler!) avec cette histoire de statut, c'est la constance avec laquelle les gagnants du sytème libéral (vous savez, les fameux premiers de cordée si chers au président Macron) veulent nous inculquer que la norme dans le monde du travail, ce sont la précarité, les bas salaires, l'allongement de la durée du travail. Tout cela justifié par la compétitivité et la loi du marché. Dans ces conditions, demander la stabilité de l’emploi, l’amélioration des conditions de travail, la réduction du temps de travail, l’augmentation des salaires, c’est vouloir obtenir des privilèges exorbitants!
Chez les premiers de cordée, on ne vous parlera jamais (et pour cause) du statut des optimisés fiscaux (les gens qui ont suffisamment d’argent pour ne pas payer ou payer moins d’impôts...), du statut des héritiers (les fils ou les filles de…, qui se sont simplement donnés la peine de naître pour reprendre les affaires ou la renommée de papa... ), du statut des actionnaires (qu’importe l’emploi et le devenir de l’entreprise pourvu que le prix des actions s’envole...), du statut des hauts fonctionnaires (un jour dans le public, le lendemain dans le privé, le surlendemain dans le public-privé et de temps en temps un petit tour en politique).
Les premiers de cordée pensent qu’il faut diviser pour régner. Donc, opposer les chômeurs aux migrants, les smicards aux chômeurs, les smicards du privé à ceux du public, les travailleurs pauvres aux pauvres retraités en montrant que chacun est le privilégié de l'autre.
Si le petit peuple est occupé à se disputer pour des petits bouts de petits privilèges, nous serons plus tranquilles pour faire nos affaires, m'a confié Bernard A.(chef d'entreprise) en se frottant les mains. Je l'aime bien ce Macron finalement, a-t-il ajouté.