Il faut rire avec ceux qui rient de vous, pour mettre les rieurs de votre côté.
Invité au Petit Journal de Canal +, en bon communicant, Nicolas Sarkozy a suivi à la lettre ce principe de base des stratégies de communication. Mission accomplie: il est sorti du studio sous les rires et les applaudissements.
On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui.
En ignorant cette règle d'or de la morale de l'humoriste (Et oui, il existe une éthique du partage de la chose drôle!),Yann Barthès, l'animateur du Petit Journal, est devenu le dindon de sa farce. Nicolas Sarkozy n'était plus soudain ni le Président de la République dont on se moque, ni le candidat qu'on critique, mais le copain-complice qui fait partie de la famille et avec lequel on partage, après un repas bien arrosé, une séance de vidéo-gag mille fois vue.
La seule chose qui nous console de nos misères est le divertissement ; et cependant c'est la plus grande de nos misères. Car c'est cela qui nous empêche principalement de songer à nous et qui nous fait perdre insensiblement. Sans cela, nous serions dans l'ennui, et cet ennui nous pousserait à chercher un moyen plus solide d'en sortir. (Pascal).
C'est donc l'ennui, à la télé, en politique, qu'il faut chercher...