Jean-Marc Guillaumond

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Billet de blog 27 novembre 2013

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Les bons mots

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Classes moyennes (remarquez le pluriel !) : qu'est-ce que ça veut dire?

Le concept est flou, mais pratique. Il permet en effet à chacun, même s’il ne l’est pas du tout, moyen, de se ranger  dans cette classe fourre-tout des « nouveaux opprimés ». Et de pouvoir (là est l’astuce !) espérer mobiliser ainsi pour la défense de son intérêt très particulier une bonne partie de la société.  Ainsi, on en  a même vu  qui dénonçaient l’impôt sur la fortune au motif qu’il étranglerait les classes moyennes (admirez le pluriel) !

Le concept classes moyennes est d’ailleurs si flou que des économistes ou sociologues sérieux ont été obligés de distinguer les classes moyennes supérieures  des classes moyennes moyennes et des classes moyennes inférieures. Ils ont même précisé  qu’à l’intérieur  de chacune de ces nouvelles catégories, tant les écarts de revenus, de fortune et de patrimoine restaient  importants, il faudrait, pour s’y retrouver, établir de nouvelles distinctions : classes moyennes supérieures supérieures, classes moyennes supérieures moyennes, etc.…

Bref, les classes moyennes se déclinent   à l’infini, ce qui permet à Laurent Wauquiez, le très conservateur et réactionnaire maire du Puy, député de Haute-Loire et ancien ministre UMP, leur chantre autoproclamé, d’espérer ratisser large aux prochaines élections.

Classes moyennes : un concept flou donc, mais très pratique s’il est bien utilisé. La forêt qui cache l’arbre, comme on dit par ici.  

NB. D’autres mots génériques   sont utilisés  pour tenter de masquer le côté très catégoriel  de certaines  revendications ou propositions :  dans l’actualité récente, derrière paysans  se cachent des céréaliers,  derrière  Bretons/ Bretagne  se cachent des patrons de l’industrie agro-alimentaire et des transporteurs routiers.   Quant  au mot peuple (variante :les Français), c’est sans doute le terme plus simple et le plus pratique à utiliser, puisque, sous son couvert, on peut dire tout et son contraire. D’où son succès dans le langage politique. 

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