Confluence

Sur cette terre de confluence peut avoir lieu la confluence des énergies et des talents nécessaire à l'avénement d'une vraie démocratie. En 1910, dans Repos de l'âme au bois de l'Hautil, Paul Fort métaphorise Conflans-Sainte-Honorine et la confluence qui s'y déroule à chaque instant. Filage politique de la métaphore.

Les noces du fleuve et de la rivière

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Ici, devant Fin-d'Oise, Maurecourt, Andrésy, Conflans-Sainte-Honorine — doux bruit font ces noms-là ! volée de cloches pour un mariage, dirait-on pas ?... ô poésie, ô poésie, ô poésie !...

ici, sous les yeux bleus de ces quatre villages, on voit la Seine en fleurs s'unir à la belle Oise. Bien. Montez sur un pont suspendu et berceur. Embrassez votre amie et regardez ailleurs.

L'Oise est une rivière et la Seine est un fleuve, je l'ai de mes yeux vu ; d'autre part j'ai la preuve que pour aller ensemble courir tant de pelouses, la Seine offre son bras à sa trop jeune épouse.

0 noces vaporeuses que j'ai vues de ce pont suspendu et berceur, toute une heure amoureuse, vous me parûtes bien de ces noces heureuses où sous un même voile le couple se confond,

le voile de la mariée, ohé ! Bien mieux encore — si l'image m'entraîne je n'en ai pas fini — je les vis sous les palmes de grands peupliers d'or, courir et s'embrasser tels Paul et Virginie.

Quoi ! Paul et Virginie mariés ? Oui. L'un portait une casquette ornée d'un fin drapeau français (tel m'apparut, du moins, ce chaland reposé), l'autre un collier de barques scintillant de rosée.

Qu'ils étaient purs !... Sans doute, avant leur doux pourchas, l'Oise eut quelque amourette, la Seine eut des faiblesses. Mes bons amis, la chose ne me regarde pas, qui ne saurait d'ailleurs troubler leur allégresse.

La crécelle d'un gouvernail tourne là-bas. 0 le joli joujou pour l'enfant qui viendra ! En tout bien tout honneur, à son heure il viendra. On le nommera l'Eure et des choux il naîtra.

Tout danse autour de vous la danse du mariage, Seine, beau mâle et vous petite oie, petite Oise, les rives, les coteaux, les vignes et cætera, dans les vapeurs tout danse et ma belle à mon bras.

Taratata ! Voici qu'au son de la trompette, à sauter dans les barques une noce s'apprête. Laissez-moi naviguer tous ces joyeux pantins. Mes beaux époux, il faut courir votre destin.

« 0 joie ! il faut courir ! —La mer est votre sort. — Il faut courir, hélas ? — Et la mer c'est la mort. — Triste à songer. — Mais non. Par un bout vous mourez... mais à l'autre, déjà, la noce est préparée. » 

Et je voudrais savoir comment — époux fidèles — dans la foule des fleuves qui se perdent au ciel, vous pouvez retrouver vos gouttes bleues et blondes pour vous aller cacher sous la terre profonde,

en surgir et vous joindre au plus beau lieu du monde, — ici, devant Fin-d'Oise, Maurecourt, Andrésy, Conflans-Sainte-Honorine : doux bruit font ces noms-là ! branle de cloches pour un hymen, dirait-on pas ?

0 poésie ! ô poésie ! ô poésie !

Filer la métaphore au fil de l'eau

Les fredaines de la Seine, passées ou à venir : l'Eure bientôt, et tous les autres cours, affluents plus ou moins conséquents... Influences passées, contre-influences aussi ; rencontres à venir, expériences futures... Histoire.

Et ce dialogue tragicomique : quand le fleuve disparaît dans la mer, il renaît à ses sources.

Pour une Première République

Le citoyen est une goutte. Les luttes passées ne rendent pas inutiles les luttes présentes, hélas, tant pis. Le combat pour l'amélioration de la vie dans nos communautés, pour l'organisation du peuple par lui-même, pour une vraie Res Publica est perpétuel. La démocratie telle qu'elle se pratique est à bout de souffle. Elle a dans l'histoire donné de multiples et tragiques preuves de sa dangerosité. Les élections de Louis-Napoléon Bonaparte, Hitler, Bush junior, Sarkosy, Trump en sont les exemples les plus monstrueux. Les abattages d'arbres pour construire des parkings, le bétonnage et les démolitions, les déplacements de populations en sont d'autres, sur le plan communal.

Ce n'est pas la Sixième République qu'il nous faut.

C'est une Première République.

Merci

Étant nouveau à Confluence-Écologie-Solidarité, j'ignore qui a eu l'idée d'employer le mot "Confluence". Mais c'est très bien vu. Bravo et merci.

Je dis aussi merci à notre époque, aussi belle et magique qu'elle est terrible. Grâce aux techniques, la confluence s'étend à toute goutte, même n'appartenant pas au réseau de la Seine !

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