Manteau d'Arlequin

Errata ; beaux culs ; le mur des Pictes ; Monseigneur Machin ; Néologiser ; parti poète

J'avais faux

Le confort, c'est pas la sécurité, c'est le secours, l'aide ! Le Littré a tranché.

Une remarque, le mot est revenu de l'anglais, qui l'avait emprunté au français, avec son sens moderne, "bien être".

Mais la contradiction entre sens ancien et moderne subsiste : ce n'est pas un secours que de succomber à l'engourdissement, la torpeur, l'empâtement.

" Pourquoi des mômes crèvent de faim Pendant qu'on étouffe D'vant nos télés comme des crétins Sous des tonnes de bouffe "

Il faut vivre inconfortablement

"Les vélos d'Amsterdam font des beaux culs aux dames." Et j'ajoute : "Les vélos de Rome font des beaux ...". Non, je me trompe. Le masculin de "dames" n'est pas, "hommes" mais "sieurs"  — on n'a pas osé, vu que ça faisait comme "cieux", et aussi qu'à l'écrit, c'est péjo (le sieur Benalla). Alors on lui a laissé le "mes". Messieurs d'un côté, dames de l'autre. Va comprendre. Même chose pour "Monsieur" sans son "sieu" : Maman, il y a un mon sieur (il y a une ma dame). Et on veut donner des leçons au monde entier ! Quand on pense qu'au départ, c'était " mon Seigneur " !

Bref, je me suis un peu dérouté. Les vélos du Ponthieu font des beaux... Les vélos de Condrieu ? Pas top, pas riche. Une ville ou un pays qui se termine par [syœ], vite ! Les vélos de Jussieu ? N'importe quoi !

Esprit de Goscinny

Toute autre chose à présent : Hier, j'ai connu comme une résurrection : j'ai lu Astérix chez les Pictes. Depuis que Goscinny n'était plus là, j'avais constaté la nullité intégrale qu'était devenu Astérix, comme Lucky Luke. Mais là, attiré par le côté pictant du titre, j'ai ouvert, commencé, continué, rigolé. De nouveau des graves calembours, un scénario potable, des noms hilarants (avec une réserve pour Zaplézactus, pour l'œil, mais pas phonétique : le romain s'appelle [zaplezaktus], et non pas [zaplezaktu]. Mais franchement, c'est rien. Mac Atrell m'a fait péter de rire. De nouveau ces jeux de mots que les enfants ne comprennent pas, réservés à leurs parents, et encore, d'un certain âge ! Nous, on ne comprenait certains clins d'œil ou calembours qu'en relisant plus tard, plus vieux, mais le pitchou d'aujourd'hui, adulte, il ne comprendra "Mac Atrell" que s'il est vintage.

L'ineffable Afnor, plus grave que le marsupilami. Et surtout, énorme !

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J'ai un doute

Hier j'ai écrit "contrepoétiser". Révolutionnaire ! Poétique ! Politique ! Lyrique ! Mais "contrepoéter" est plus truculent, rend le mot de jeu plus facile à voir. On peut songer à le prononcer [pwete] au lieu de [poete], ce qui renforce encore le burlesque. Alors, le lyrique ou le burlesque ? Bon. J'opte pour poétiser.

C'était facile ; voici plus difficile

Et que mettre à la place de "décroissance" ou "développement durable" ? 

La chose est simple à saisir : sauver l'humanité et la planète. Sortir de notre affaissement mental et physique, abandonner les idoles actuelles (surconsommation, argent totalitaire, loi du moindre effort, systèmes politiques obsolètes) pour commencer à respecter les vraies valeur : nature, êtres, beauté, bonté, partage, vraie démocratie.

Le mot n'existe pas. Les deux propositions ci-dessus sont entachées, l'une de son illogisme (la décroissance augmente la qualité de la vie et le bonheur), l'autre du fait de n'être pas un mot, mais deux mots.

Il y a d'autres mots possibles, mais eux, ils ont le défaut d'être déjà pris. Le premier qui me vient à l'esprit est "poésie". Étymologiquement, ça marche : "action", "création". Homère est poète qui sublime l'histoire et conçoit la légende. Molière est poète qui reconstitue la vraie vie pour la faire apparaître dans une sorte de labo, le théâtre. Brassens ou Renaud sont poètes, avec un labo plus électrique et musical. Louise Labbé, Marie Noël, Agnès Varda, J.K. Rawling sont poètes. Toutes peignent la vie, en célèbrent la force et la beauté, en déplorent l'injustice et l'horreur. Tous cherchent à refaire le monde.

C'est con, on peut pas prendre non-plus ce mot. Alors ?

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