Le Réconciliateur

Rendu furieux par l’inepte vidéo des deux pseudo-historiennes de Mediapart sur Henri IV, j’ai laissé tomber Zarathoustra, un que-sais-je sur le nombre d’or, Terry Goodkind (qui commence d’ailleurs à me saouler), et j’ai pris le livre de Bayrou, que je n’avais pas encore lu. J'y ai retrouvé l'anti-Macron que j'évoquais il y a quelques temps dans l'article Macron entre Ubu et le Béarnais.

La violente amour que j’ai de mes sujets m’a rendu tout aisé et honorable.

Voici la devise qui orne le socle de la statue d’Henri IV au Palais-Bourbon. Je l’ai trouvée dans le Henri IV de François Bayrou ! Eh ouais. Merci à Laurence de Cock et Mathilde Larrère pour votre ignorance qui m’a ainsi mis en colère, et fait découvrir cet honnête livre.

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Jusqu’à présent, la meilleure connaissance que j’avais du Béarnais était due à Robert Merle et à son chouette Fortune de France. Ne rigolez pas. Mediapart vient de prouver qu’un romancier peut s’avérer meilleur historien qu’un universitaire : il lui suffit d’aimer son sujet et de se documenter minutieusement, ce qu’avait fait notre joli Merle. Et ce qu’a fait aussi Bayrou, qui lui non plus, n’est pas historien. Mais qui est homme politique, et, pardonnez-moi, c’est une motivation pour s'intéresser à Henri IV ! Homme politique intelligent et honnête. Passionné d’œuvre politique.

De même que Mélenchon n’a pas le monopole de la sixième république, Macron n’a pas celui de la fin des partis et de l’ineptie de l’alternative gauche-droite. Souvenez-vous : campagne de Bayrou il y a déjà quelques années : « si vous voulez quelqu’un qui vote toujours oui, ou toujours non, votez à gauche, ou à droite. Si vous voulez quelqu’un qui vote oui quand ça lui paraît bon, et non quand ça lui paraît bon, votez pour le modem. »

Bayrou, vingt-trois ans avant les « illettrées de GAD » et « ceux qui ne sont rien », est séduit par ce roi :

 

Qu'il y ait eu chez Henri IV une conscience sociale est indéniable. La sollicitude, la complicité même, par un clin d'œil, par une boutade, qu'il manifestait aux petites gens le révèlent assez. Sa compréhension de la révolte des croquants, ses décisions concernant l'allégement de la taille et l'interdiction de saisie des instruments de travail des paysans le prouvent. Mais, au-delà d'une simple compassion, d'une proximité certainement liée à la vie au milieu des pauvres et des petits qui fut parfois la sienne, il y avait chez Henri IV l'intuition du rôle social de l'Etat. Si le toucher des écrouelles, l'aide à l'assistance publique s'inscrivent bien dans la tradition monarchique française, certaines de ses initiatives expriment une autre dimension.

 

Je ne citerai pas davantage d’extraits. Ah si, juste cela :

J’ai constamment présent à l’esprit cette phrase merveilleuse de Vaclav Havel : « Ils sont comme les enfants qui pour faire pousser les arbres plus vite leur tirent sur les feuilles. » (Bayrou, dans son introduction, parle du travail politique et de sa nécessaire lenteur).

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