La guerre des méthodes

Le citoyen et la mairie : je t’aime pas, moi non plus.

La mairie ne m’aime pas

Depuis mon installation en 2009, la mairie de Conflans Sainte Honorine, gauche ou droite (alternance en 2014), n’a jamais été intéressée par mon soutien scolaire à petit prix dans un quartier populaire. 

En 2010, lors d’une réunion des commerçants du quartier Paul Brard, organisée par le maire socialiste en réponse aux doléances à propos d’un mauvais climat,  (rodéos, incivilités, stupéfiants) avec un adjoint au commissaire de police, je fus le premier à prendre la parole quand le maire, ayant fini son réquisitoire contre «eux» (les «jeunes»), nous l’accorda. Je proposai d’arrêter de dire «eux» pour parler des jeunes du quartier, qui pour la plupart, ne causent aucun problème. Et de chercher à s’allier les gens intelligents pour éduquer les sots. Que cette globalisation était d’ailleurs peut-être un peu trop partagée par certains policiers, qui ont parfois la bombe lacrymo facile. Le maire, qui était ivre, reprenant la parole, répondit que quand les policiers « en passaient un à tabac, il comprenait, il n’avait que ce qu’il méritait », montrant ainsi qu’il n’avait pas compris ce que je venais de dire. Je pense que l’antipathie date de là, et qu’elle a survécu à l’alternance.

Lors de l’entretien que j’ai eu en novembre 2015 avec une élue et une fonctionnaire de la mairie, pour m’annoncer le lancement d’une étude sur la restructuration du quartier Paul Brard, j’ai affirmé que j’étais heureux et ne souhaitais pas quitter mon local. Que j’avais «construit une église». Peut-être la métaphore a-t-elle échappé aux républicains et ont-ils eu peur d’un intégrisme ?

Ou alors, c’est parce que j’obtiens un important dégrèvement fiscal sur la contribution foncière des entreprises, depuis qu’une fois passés mes trois premières années en tant qu’autoentrepreneur, j’ai eu à la payer ?

Je n’aime pas la mairie

Cacher une affaire de gros sous derrière des intentions louables, démolir au lieu d’améliorer,  donc gaspiller, entasser davantage au lieu d’aérer, donc accroître les problèmes au lieu de les réduire, viser un certain prestige au lieu de se soucier de l’avis des habitants, compter sur la peur de protester chez les personnes à déplacer, pressentir autrui en fonction de sa propre vénalité (en tant que commerçant, je devrais me réjouir de me retrouver dans un local neuf au milieu d’un quartier plus peuplé), ne pas même avoir la courtoisie d’aviser le propriétaire d’un local qui risque d’être exproprié. Sur ma demande de rendez-vous, me balader au 5 novembre, alors que la question est ma proche expropriation (voir l'article "échange de mails entre la mairie et moi")... Pardonnez-moi, mais je pense que cette équipe est mauvaise. Tel Sarkozy qui me fit regretter Chirac, Brosse me fait regretter Esnol. Quelle dérision !

S’il vous plaît, quelqu’un d’autre en 2020 ! En attendant, essayons de réhabiliter le mot « politique ». Au départ, il s’agit d’une chouette idée : ce qui est relatif à la ville. L’organisation de la cité, de l’état. Approprions-nous les missions abandonnées par la politique actuelle, et inventons la vraie politique. Fondée sur la raison. Éduquons-nous, les uns, les autres, les uns les autres.

Quelques exemples dans les prochains articles. Je vous promets de continuer à surprendre.

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