Comme c’est arrivé à d’autres avant moi, en plaidant pour la simplification de l’orthographe française, on me jette sur la table la notion de beauté. Beauté de la langue quand il s’agit d’un sot, beauté du texte écrit quand il s’agit de mon amie Colette, elle au moins ne confond pas la vraie parole, la vraie pensée, avec sa transcription, nécessaire parfois à son voiturage.
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Qu’est-ce que la beauté ?
Beauté des corps, beauté des âmes. Beauté des visages, beauté des gestes. Beauté des mouvements et des musiques…
Ce qui est beau pour toi, pour moi, pour lui, pour elle. Les goûts et les couleurs. L’habitude. Pour Béru, pour Alfred le coiffeur, Berthe Bérurier est magnifique.
Les canons de la beauté, il y a un siècle, c’était les baigneuses de Renoir.
Moi j’incline plutôt vers Marylin.
Amy non plus n’est pas vilaine…
Beauté des êtres, des paysages. Beauté du diable. Beauté des formes, des signes, des symboles, des idées ? Beauté des textes. Des images. Des pensées.
Alors voilà du Camoens, du Dante, du Cervantes : Du portugais, de l’italien, de l’espagnol, Langues ayant un écrit à peu près phonétique. Et du roman. Car le français l’était au début, phonétique !
Paradis perdu.
Ces textes sont-ils moins beaux que du Hugo, du Céline ou du Proust ?
Poème de Camoens
Amor é fogo que arde sem se ver, é ferida que dói, e não se sente; é um contentamento descontente, é dor que desatina sem doer.
É um não querer mais que bem querer; é um andar solitário entre a gente; é nunca contentar-se de contente; é um cuidar que ganha em se perder.
É querer estar preso por vontade; é servir a quem vence, o vencedor; é ter com quem nos mata, lealdade.
Mas como causar pode seu favor nos corações humanos amizade, se tão contrário a si é o mesmo Amor?
Les premiers vers de la Divine Comédie de Dante
Nel mezzo del cammin di nostra vita mi ritrovai per una selva oscura, ché la diritta via era smarrita.
Ahi quanto a dir qual era è cosa dura esta selva selvaggia e aspra e forte che nel pensier rinova la paura!
Tant' è amara che poco è più morte; ma per trattar del ben ch'i' vi trovai, dirò de l'altre cose ch'i' v'ho scorte.
Io non so ben ridir com' i' v'intrai, tant' era pien di sonno a quel punto che la verace via abbandonai.
Ma poi ch'i' fui al piè d'un colle giunto, là dove terminava quella valle che m'avea di paura il cor compunto,
guardai in alto e vidi le sue spalle vestite già de' raggi del pianeta che mena dritto altrui per ogne calle.
Allor fu la paura un poco queta, che nel lago del cor m'era durata la notte ch'i' passai con tanta pieta.
Photo d’une page de l’édition de 1605 de Don Quixote de la Mancha
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Extrait de Perceval (le conte du graal).
Qui petit seme petit quialt, et qui auques recoillir vialt an tel leu sa semance espande que fruit a cent dobles li rande; car an terre qui rien ne vaut, bone semance i seche et faut. Crestiens seme et fet semance d'un romans que il ancomance, et si le seme an si bon leu qu'il ne puet estre sanz grant preu, qu'il le fet por le plus prodome qui soit an l'empire de Rome. C'est li cuens Phelipes de Flandres, qui mialz valt ne fist Alixandres, cil que l'an dit qui tant fu buens. Mes je proverai que li cuens valt mialz que cist ne fist asez, car il ot an lui amassez toz les vices et toz les max dont li cuens est mondes et sax.
Et voici un tiot cou d'chapô à l'Apollinaire.
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