J’ai voté au château

Quand même et à l'arrache. C'était peut-être pour revoir les oiseaux, les arbres, le château. Ou alors parce que je peux pas m'abstenir.

Oui, j’y suis allé. Quand-même ! Bien que tenté pour la première fois de ma vie de n’y pas aller, je suis allé voter. Quand-même ! Voter, ça ne me prend pas de temps, parce que j’y vais juste avant d’aller nager. Le bureau de vote ouvre à huit heures, la piscine à neuf, le trajet Osny - piscine de la préfecture dans les 20 minutes. Un petit coup de vélo en plus, à l’ouest. Et puis le trajet est chouette : de chez moi au bureau de vote, zéro macadam. 50 mètres de pavés, ensuite chemin qui longe le talus du chemin de fer, avec un mignon ru parallèle. Un premier canard me coincouine gentiment, à moins qu’il prévienne sa copine qu’est dans le ru de pas se montrer, surtout à plume.
Tunnel sous la voie ferrée, majestueux portail en fer forgé pour entrer dans le parc.

Depuis 89 (! : bicentenaire) on y est chez nous : la mairie d’Osny s’y est installée.

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Je passe devant le maousse banc taillé dans un fût d’un mètre de diamètre et de cinq de long. Sur la vaste pelouse qui donne sur le lac, la gent palmipède carpédième malgré le soleil qu’est plutôt pas là. Canard, canard de barbarie, oie huppée, cygne. (j’espère que je dis pas trop de bêtises). Émouvant, les théories de pioupious qui suivent les big mamas. La typologie des êtres volatiles sur cet espace herbeux ressemble à celle des estivants sur une plage, la connerie en moins. Puis je passe sous le maousse tilleul, célébrité locale. Je descends de cheval  vélo, appuie sa pédale sur une des trois très longues marches qui permettent d’accéder au perron. Dans le bureau, les assesseurs sont tranquilles : personne. Je connais plus personne. Bonjours sonores et chaleureux quand-même. Je dois signer ma carte. Comme je sais même pas ce que je vais voter (c’est la première fois que j’en suis là), je prends un bulletin de chaque, sauf comme d’hab, ceux qui sentent la merde (cette année, il y en a quatre). Dans l’isoloir, je fais deux tas. Un tas pour la corbeille, un tas pour l’examen. Malgré tout, je mets pas trois plombes. En fait je reviens aux sources ! je craque sur un mot, c’est lui qui emporte le choix, autre que ceux que j’avais envisagés. Je sors de l’isoloir, m’approche des tables, tends la carte d’électeur. Il faut aussi la carte d’identité. Je la sors et la tends. Vais à l’émargement, comme d’hab j’ai tout faux, on vote d’abord et on signe ensuite. Je vote. Malgré mes 62 ans en comptant les 9 mois, je dois avoir l’air de voter pour la première fois, parce que le monsieur m’informe : « Vous signez dans la petite fenêtre que je vous montre. » On se souhaite bonne journée. J’ajoute bon courage. « Vous allez pas avoir beaucoup de monde ! » Genre c’est un vide-grenier et il pleut ! On rigole et je m’en vais.

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A voté

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