La mairie de Conflans Sainte Honorine : la pauvreté du riche, saison 2

Faisant écho à mon précédent billet La librairie-école : la richesse du pauvre, voici l’oxymore inverse, promise dans ledit billet.

 

 

J’ai eu la visite, en 2014 ou 2015, je ne sais plus, de la nouvelle élue à l’urbanisme, qui faisait sa tournée des commerçants. Je lui ai expliqué que mon activité principale, libérale, consistait en cours de soutien scolaire en petits groupes — 6 élèves maxi —, à 7 € l’heure. Budget moyen pour un mois plein : 60 €. Elle a remarqué que « cela défiait toute concurrence ». J’ai été heureux de constater qu’elle connaissait les tarifs en vigueur dans les entreprises de soutien scolaire (Acadomia, Top Profs, Complétude, Anacours, etc.). Je me suis dit que mon mail du premier avril 2014 (rigolo, non ?) de félicitation au maire frais-élu aurait peut-être, en fin de compte, le résultat escompté : une visite, la découverte de plusieurs concepts, un enthousiasme, et pour finir un reportage dans le VAC… (Ce qui ne m’aurait pas nui : la plupart des conflanais ignorent l’existence de la librairie-école. Mais devant le prix exorbitant d’un simple huitième de page de pub dans le VAC, j’avais choisi depuis déjà la saison 1 de ne pas être client.) 

Mais non. Pas de visite. Aucun intérêt. C’est peut-être mieux pour mon confort intellectuel : voir la droite s’intéresser à des cours de soutien scolaire à petits prix dans une cité HLM, après que la gauche les ait ignorés, y aurait eu de quoi bouffer les œuvres complète de Michel Rocard. 

Si vous regardez mon précédent billet Qu’en pensez-vous ?, échange de mails entre la mairie et moi, vous entendrez parler d’un « rendez-vous dans votre boutique ». Mon école n’est pas une école, mais une boutique. Il est vrai qu’elle s’appelle librairie-école ! « Boutique » comme « école » est donc idoine. Sauf que moi, si j’étais aux responsabilités, je dirais « école » puisque j’aurais le choix. Peut-être librairie ? Cela s’appelle la courtoisie, c’est à dire la richesse. (Je rappelle l’étymologie de « courtoisie » : les façons de vivre, faire, penser, créer, écrire, jouer, chanter, à la cour du seigneur. Richesse aristocrate et non pas bourgeoise.)

En fait qui sont les boutiquiers dans cette histoire ? Ne parle-t-on pas de « fonds de commerce » politique ? 

Quelle médiocrité sertie dans quel mépris ! Quelle pauvreté ! Cette brave élue, peut-être qu’elle était juste incapable d’imaginer qu’un libraire puisse être professeur.  Mais cette étroitesse d’esprit me semble bien partagée par toute l’équipe ! Sauf qu’en ce qui concerne les huiles (après tout, cette Madame Boutiques n’est qu’un rouage), la pauvreté intellectuelle passe au second plan devant le cynisme « versaillais » (au sens historique : ceux qui ont réprimé la Commune, et massacré à tout va.) Ne sera que boutique l’église construite par cet empêcheur de démolir en rond. (Zavévulamétafor ?)

Autres pauvres riches

Dans La Perle, un médecin, qui avait refusé de soigner un bébé, car le père ne pouvait pas le payer, apprend que ce dernier a pêché une perle exceptionnelle, rend visite au père, accepte de soigner le bébé, et le rend malade pour avoir sujet à visites et tenter de s’approprier la perle.

Un prêtre ou un professeur pédophile.

Un juge, un théologien ou un directeur du FMI violeur.

Un avocat spécialisé dans la défense des riches malfaiteurs.

Un "philosophe" et plumitif officiel (académie française) incapable de comprendre une chanson comme Lilly de Pierre Perret, jetant l'anathème sur des enseignants ayant fait travailler les lycéens dessus.

Un président victime du "démon de la perversité" (Edgar Poe) qui le pousse à sortir des énormités, au risque d’amener après lui le populisme raciste au pouvoir en France.

Ferveur, savoir, science, talent, créativité, chance même, sont des richesses. Et les comportements évoqués sont pauvres. À pleurer.

Vite je repense à cette photo avec deux flics, Renaud et une mamie, qui me fait toujours rigoler (Vous la trouverez à la fin de l’article précédent Enfant prodique, enfant prodige ?

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