Posthume du dimanche

Au ciel de qui se moque-t-on ?

brassens

Au ciel de qui se moque-t-on ? Était-ce utile qu'un orage vînt au pays de Jeanneton mettre à mal son beau pâturage ?

Pour ses brebis, pour ses moutons, plus une plante fourragère, rien d'épargné que le chardon. Dieu, s'il existe, il exagère.

Il exagère.

Et là-dessus, méchant, glouton, et pas pour un sou bucolique, vers le troupeau de Jeanneton, le loup, sortant du bois rapplique. Sans laisser même un rogaton, tout il croque, tout il digère.
Au ciel de qui se moque-t-on ? Dieu, s'il existe, il exagère.

Il exagère.

Et là-dessus le Corydon, le promis de la pastourelle, laquelle allait au grand pardon rêver d'amours intemporelles – au ciel de qui se moque-t-on ? – suivit la cuisse plus légère et plus belle d'une goton. Dieu, s'il existe, il exagère.

Il exagère.

Adieu les prairies, les moutons et les beaux jours de la bergère. Au ciel de qui se moque-t-on ? Ferait-on de folles enchères ? Quand il grêle sur le persil, c'est bête et méchant, je suggère qu'on en parle au prochain concile. Dieu, s'il existe, il exagère.

Il exagère

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