"Fraude dans la famille Euro"
Ou Comment l'histoire se répète.
Avez-vous remarqué les similitudes entre le néo-libéralisme et l’arme atomique ?
Seule arme testée à grand échelle et tellement effroyable que dès que l’on approche les doigts des boutons rouges, tout le monde panique. Avec cette destruction presque totale de la planète, on serait capable d’en perdre la raison. Il en est de même avec la seule idéologie, la seule pensée unique de la planète tellement effroyable (sauf peut-être Cuba et la Corée du Nord dans une autre sorte de dictature). Dès que l’on approche de la réaction en chaine des crashs financiers, tout le monde panique. Encore un fois, on serait capable d’en perdre la raison jusqu'aux nationalismes destructeurs.
Là, ce n’est pas le désastre d’Haïti ou la guerre au Rwanda ou la famine en Ethiopie « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire [.] », Pauvres bougres, ils sont nés dans les mauvais pays et ils font, en plus, beaucoup trop d'enfants [si, si! J'ai entendu cela ]. Ils n’ont pas pris le train de l’Histoire. Alors, hypocritement, on compatit,on verse une larme, on donne une petite obole et on a la conscience tranquille pour l’année. Ah ! J’oubliais ! En ce jour des restos du cœur, on donne aussi, sans réfléchir aux causes, sans rien changer. Je crois me souvenir d’une promesse d’un candidat de Gauche battu à l’élection présidentielle de 2002 : "plus de SDF en ...".
Dans cette farce, nous sommes directement concernés. Là, c’est du sérieux. Le malheur, comme les désastres écologiques n’arrivent pas qu’aux autres – à la manière de catastrophes limitées tombant de-ci de-là ou à la manière des accidents de la route, le prix à payer pour son confort, sa tranquillité et sa liberté. Faudrait-il perdre son job, sa situation, sa maison, son service à vaisselle, rembourser par anticipation tous ses emprunts, supprimer ses vacances de ski, son club l'été ? La raison nous faisant défaut, on crée un boulevard au désastre futur avec ses intrégrismes et ses nationalismes destructeurs.
Encore une émission intéressante sur France Inter avec Laurence LURET.
( Parenthèse 8h37 avec Laurence LURET ).
Invité : Slavoj ZIZEK, philosophe et psychanalyste Auteur de : Après la tragédie, la farce ! Ou Comment l'histoire se répète. Ed Flammarion. Janvier 2010.
Si la tragédie était l’inimaginable « 11 septembre », la farce était cette pluie de milliards venant du ciel, cette manne pour rassasier les financiers preneurs d’otages. Les crève-la-faims sur la planète attendront. Pourquoi n'avoir pas employé ces mêmes forces pour éradiquer la misère du monde et conjurer la crise environnementale? « Nous faut-il une autre preuve, demande Zizek, que le Capital est devenu le Réel de nos vies, un Réel dont les impératifs l'emportent en despotisme sur les plus pressantes exigences de notre réalité? » Analysant l'implosion soudaine de la sphère financière, Zizek souligne, à la suite de Hegel, Marx et Marcuse, que la répétition de la tragédie sous forme de farce est parfois plus terrifiante que la tragédie initiale.
" Le philosophe le plus dangereux d'Occident " passe au crible l'envahissante vision libérale du monde, cette idéologie qui nous fait croire en un lien naturel entre capitalisme et démocratie, se déguise sous les oripeaux libertaires du pseudo-esprit de 68 qu'elle a parfaitement intégré, et nous raconte des histoires semblables à la saga populiste, " humaine, trop humaine ", d'un Berlusconi. A ceux qui se résignent à l'alternative entre un capitalisme " socialiste " à l'occidentale et un capitalisme " autoritaire " à l'asiatique, Zizek rappelle qu'il existe une autre voie: il évoque la leçon de Lénine - " commencer à partir du commencement, encore et encore " -, questionne les thèses de Négri sur les multitudes agissantes au sein de la sphère sociale globalisée et considère la position de Badiou pour qui le communisme reste un ultime - et peut-être indépassable - horizon.
« Après la tragédie, la farce! » est un appel tonique aux forces de gauche pour qu'elles se réinventent.
La maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » attribuée à Lavoisier, est simplement la reformulation d'une phrase d'Anaxagore de Clazomènes (philosophe grec) « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».
Excluant les bulles financières purement théoriques et virtuelles, en économie, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Même les découvertes se sont faites sur l’exploitation encore plus forte des colonies d’autrefois et du tiers-monde d’aujourd’hui. C'est comme l'atome, rien ne se perd !