Désolé ! Je relis mes vieux textes.
Texte écrit le 30 novembre 1996 à Bernard GUETTA ( Nouvel Observateur ).
Je souscris partiellement à vos propos sur "Les allemands et nous" dans l'Obs. du 28.
Un grand projet commun est une nécessité absolue. La pénurie de nouvelles figures politiques est effectivement déconcertante. Elle crée pour le moins, des effets inattendus.
Comment expliquer que pendant les 12 jours de grève des chauffeurs routiers, aucun homme politique n'a pris la parole pour décortiquer les vrais problèmes de cette profession: transport sous-payé, déréglementation, concurrence sauvage, problèmes européens...
On a entendu seulement quelques patrons nous expliquer le dictât des chargeurs:
ces grandes surfaces et entrepôts, forts discrets, s'approvisionnaient à l'abri de tout regard, la nuit entre 2 et 4 heures du matin pour garder leurs pouvoirs et briser cette grève ennuyeuse pour leurs intérêts.
Il est vrai que de nos jours l'expression politique est difficile. Pour se faire entendre, on doit dire des obscénités comme certains extrémistes ou lancer un scoop pour faire passer son message. Les italiens sont même obligés de se mettre nu sur une estrade de théâtre pour se faire entendre. Devra-t-on décréter par exemple que la terre tournera dans le sens contraire à partir du 1er janvier 97 pour prendre de vitesse les flux financiers spéculatifs qui nous étranglent?
Ah! Audimat quand tu nous tiens!
Sitôt la fin de l'orage social calmé, les escargots ressortent, les partis politiques reprennent leurs esprits et les socialistes font une proposition courageuse sur le quota de femme aux prochaines législatives. Ils ont tellement travaillé qu'ils en ont oublié de suivre les informations sociales et de donner leur opinion.
Quelle déconnexion !
Je voudrais que ces socialistes fassent une pause en prenant l'air vivifiant de la rue.
Je leur ai envoyé le gentil texte ci-joint. Ils n'ont pas daigné me répondre.
Sûrement trop de travail sur leurs futures propositions!
Cordialement.
Jean Mézières le 30 novembre 1996
Copie au Parti Socialiste.