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Billet de blog 12 septembre 2010

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Corrompez en silence !

Texte écrit le 8 février 1997

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Texte écrit le 8 février 1997

Heureux corrupteurs, vous pouvez passer au travers des fourches caudines de la Justice. Grâce à la droite qui dévoile son vrai visage, après la casse systématique du soi-disant conservatisme, le 7 février 97, le dernier rempart vient de tomber : la Cour de cassation vient de prouver que la jungle est là. La jurisprudence sur l’abus de biens sociaux vient de sauter.

En effet, du fait d’un manquement grave à la loi, corrompre pour faire gagner de l’argent à son entreprise, n’est pas un abus de biens sociaux imprescriptible ; il est curieux qu’aucun politicien n’ait souhaité combler ce vide. Le vol contre l’Etat (contre nous) n’est-il pas un vol de biens sociaux ?

Les juges vont rentrer dans le rang et seront priés de fermer les yeux.

Proposons donc dès maintenant à Mme Eva Joly de prendre la “Pénitentiaire” pour son bien et le bien de ses procureurs. Elle n’aura plus de moyen pour débusquer et pourchasser les casseurs de démocratie. Madame, tenez bon, la démocratie chancelante a besoin de vous.

Comme le pape, les rois de France prétendaient également posséder l’infaillible droit divin, la vérité et le pouvoir suprême.

Qu’attendent-ils donc, ces politiciens se disant les élus du peuple et donc au-dessus des lois, pour montrer leur bonne foi ?

Qui aura le courage de faire une loi rendant l’invisible corruption imprescriptible ?

Rien faire ou agiter l’épouvantail “au feu, au feu, le F.N. est là”, ne préservera pas longtemps les pouvoirs usurpés et ne cachera jamais l’incompétence, l’irresponsabilité, et la lâcheté d’une partie de notre classe politique au ventre mou et à la solde de puissances financières.

Admettre l’inévitable corruption, c’est faire une voie royale au fascisme et au poujadisme. Déjà, pour préserver leurs intérêts et leur pouvoir, des élites libérales deviennent des disciples, reconvertis et sans scrupules, du F.N ; parti dans lequel on retrouve les laissés-pour-compte du libéralisme. En focalisant sur les étrangers, ces élites peuvent-elles négocier une réédition ou acheter Le Pen ?

Etant au bord du gouffre, sommes-nous assez stupides et inconscients pour nous voiler la face ?
Quand arrêterons-nous de jouer à la démocratie de Grand Papa comme si tout allait bien ?
Après un divorce, une cassure entre l’élite et le peuple, pour reprendre confiance dans nos institutions, nous avons besoin de propreté, d’intégrité, d’honnêteté, de confiance et de franchise.

Messieurs les politiques, faites le savoir très fort, faites votre “mea culpa” et montrez l’exemple. Ne laissez pas ces valeurs morales à des charognards nationalistes, fascistes ou catho-intégristes.

Peut-on demander à un pouvoir de créer un contre-pouvoir qui nuirait à ses affaires ?

Pour une meilleure indépendance, ne pourrait-on pas élire nous même notre garde des sceaux ?
Dans notre vieille demeure vermoulue, en changeant le style du “parquet”, on donnerait un coup de pied formidable dans une termitière conservatrice et despotique.
En toute abnégation, ne pourrait-on pas proposer qu’un homme politique ne puisse donner que 10 ans de sa vie à la société et qu’il reprenne après son activité professionnelle ?

Certains seraient capables de faire un fils spirituel tous les 10 ans.

Jean Mézières le 8 février 1997

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