Texte écrit le 31 janvier 1997
Devant le scandale néocolonialiste français puis le génocide du Rwanda retransmis par les médias, qu'est ce qu'on y peut?
Avec cette mondialisation, cette globalisation, cette dictature hégémonique du roi Dollar, que peut-on faire?
Quels étaient nos moyens pour éviter la honte de l'occident, le massacre de Srebrenica ?
Le racisme, la misère, l'exclusion, les expulsions, le front national, qu'est ce qu'on y peut?
Notre bonheur se résume-t-il en ces quelques mots: auto, métro, boulot, vélo, foot, bistro, télé, copains, famille, loisirs et voyages? Ah! mon Dieu! J'allais oublier l'essentiel LA BONNE CONSCIENCE et son joker "qu'est-ce qu'on y peut?"
Face à l'oppression, à l'avilissement, des français et des immigrés vivants en France ont pris le maquis en 39-45 et sont entrés en résistance. D’autres n’ont presque rien fait et n’ont rien dit; ils faisaient partie de la collaboration passive..
Se donnant bonne conscience, ces gens se disaient "qu’est ce qu’on y peut ?" , "cela nous dépasse", "faites votre chemin droit, le système tombera en son temps", "pourquoi soutenir une résistance pour le pire? (voir les Ayatollahs)", etc..
Il est curieux de sacraliser la résistance quand elle triomphe et de l'oublier quand elle est anéantie. Imaginons un instant que la guerre se soit arrêtée en 40. Qui se souviendrait des résistants et de leur chef de Gaulle? Elle est le don de soi, la vérité pour ceux qui croient en elle, elle est terrorisme pour la dictature qui détient la vérité suprême. Pour Gandhi, pour les résistants de 39-45 et pour bien d'autres, la résistance n'était ni un système politique ni une idéologie.
Mais alors, qu'est-ce qu'une dictature?
Pour certains, se protégeant derrière le dictionnaire, fermant les yeux, c'est un régime politique instauré par un dictateur. Ouf! Nous ne sommes pas sous une dictature qui confisque tous les pouvoirs pour régner en maître. On peut donc dormir tranquille, jouir de notre bonheur de riche (voir ci-dessus) et sortir notre joker de temps en temps.
Pour d'autres, c'est un régime qui récupère directement ou indirectement des pouvoirs (politique, économique, juridique, médiatique, communicatif etc..) pour asseoir sa domination sur un pays, sur un continent, sur une planète. Ce régime ne supporte aucun contre-pouvoir. Citons par exemple : L'Irak, l'Arabie Saoudite, la Chine et les Marchés financiers mondiaux devenus fous (seule dictature planétaire virtuelle connue à nos jours).
En parlant de la chute du mur de Berlin, après l'anéantissement de l'union soviétique, on oublie toujours la deuxième retombée taboue: la globalisation ultra-libéraliste mondialisante.
La résistance à cette dictature virtuelle doit être mondialiste ou pour le moins européenne. Car pour prendre une image, on ne peut concevoir que la résistance bretonne ait pu venir à bout de la dictature hitlérienne à elle seule. Cette résistance ne peut également jouer dans les mêmes institutions politiques factices. Comme les premiers chrétiens, un vrai résistant ne négocie jamais, ne pactise jamais avec un dictateur. Staline est donc, de facto, éliminé tout comme le FN avec ses idées et ses solutions ridicules et sa folie d'épuration française par la blancheur. Dans la résistance le combat se gagne d’abord avec le cœur.
Alors les politiciens de l’opposition (PS, PC, les Verts, Radical, Extrême Gauche etc..) qui nous demandent nos suffrages, nous trompent aussi: ils ne peuvent rien faire ou seront étouffés économiquement soit par des délocalisations, soit par un blocus commercial gérés par la dictature elle-même.. Avec plus de social, plus de solidarité, ils appliqueront la même politique de croissance suicidaire. Avec le protectionnisme, étranglés, ils déclencheront une révolte fasciste.
Seront-ils assez courageux pour avouer qu'ils n'ont plus de pouvoir, que la vraie démocratie n'existe plus, que la lutte ne fait que commencer et qu'ils gagneront par une force encore bien plus supérieure, l'énergie humaine?
La seule chose possible dans l'immédiat, c'est la grève de la consommation (Disney réalise plus de profit avec les produits dérivés qu'avec ses films), les actions déstabilisant les boursicoteurs qui sont les rouages et la manne de cette dictature financière, et les boycotts en tout genre. Delors avait-il raison?
Comment des RMIstes peuvent-ils tomber si facilement dans le piège? Les boucs émissaires tels les fonctionnaires, les arabes, ne dureront qu'un temps. Après les camps de concentration nazis doit-on admettre les continents de concentration avec couteaux et machettes, pour les non-blancs?
Neutralisons ces libéraux-vampires néodarwinistes qui nous demandent des efforts de plus en plus importants pour leur bien et le bien de leurs amis. Eradiquons les idées folles d'espoir qu'ils véhiculent chez les pauvres gens. C'est à ce prix que nous pourrons créer l'Europe indépendante, indispensable et exemplaire, munie des ses garde-fous. Cessons d'être des vaches à lait ou des moutons bien dociles qui ne savent dire que "qu'est-ce qu'on y peut?".
La France doit garder ses préceptes (les droits de l'Homme) et non sa 4ième place, qu'elle perdra dans cette autodestruction inévitable, dans cette guerre économique qui anéantira nos pays voisins, les nouveaux venus (Corée) et les pays pauvres.
La peur de l’incertain doit-elle nous pétrifier et inhiber notre conscience d’Homme.
Jean Mézières le 31 janvier 1997