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Billet de blog 12 décembre 2010

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On n’achète pas la dignité !

Qui pousse l'Histoire dans les tragédies ?

Jean Mézières

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Malgré toutes les pressions, malgré les propres renoncements en leur sein, pourquoi les esclaves noirs ont-ils réussi leur combat ?

Comme il est facile de dire que les peuples ont toujours tort ! Que tous les dictateurs sont arrivés au pouvoir à cause d'eux ! Sans blagues !? Même Jacques Delors, nous le dirait sans aucune autocritique.

Dans ces décors de manipulations de masses honteuses, n’y aurait-il pas une inversion des responsabilités. Qui pousse l'Histoire dans les tragédies ? A en croire les discours, malgré l’argent sale, les rétro-commissions, les victimes innocentes, les élites ne sont jamais responsables !

Le raz-de-marée d’insultes sur le traitre Mélenchon, ex-élite prédit à un bel avenir, traitre à la caste, renégat du gratin mondain, jadis au chaud sous les dorures du PS, cache un tir de barrage douteux.

Silence aux pauvres!

Chronique de Jean-Claude Guillebaud (Nouvel Obs N°2405 du 9-15 déc 2010)

« Il faut se méfier de la démagogie, mais l'anti-populisme ne doit pas tenir lieu de pensée aux nantis »

« Chez nous, la mise en garde vise rituellement la gauche de la gauche et le Front national. Aux armes citoyens, Marine ne passera pas! Vade retro Mélenchon! »

« A la réflexion, ce tocsin rituellement sonné est bien moins vertueux qu'il n'y paraît. Il procède - aussi - d'une stratégie élitiste incroyablement datée. Taisez-vous donc, les peuples! On croit réentendre ce mot d'ordre bourgeois qui, en 1848, indignait Lamennais, ami de Victor Hugo : silence aux pauvres ! Tout se passe comme si cette vieille défiance de classe faisait subrepticement retour. Il y a du leurre là-dedans. La meilleure démonstration de cette ambivalence nous est donnée dans un texte venu d'Allemagne. Le philosophe Peter Sloterdijk a publié dans le « Spiegel » un long et éblouissant article sur le sujet (1). Avec une belle ironie, il s'y moque de l'anti-populisme frelaté qui tient parfois lieu de pensée aux nantis.

La plus dangereuse des spéculations, explique-t-il en substance, est celle qui table, comme dans la Rome décadente, sur la léthargie d'une République anesthésiée par le « pain et les jeux », pour reprendre la formule de Juvénal (aujourd'hui, on dirait le consumérisme à crédit et l'hébétude télévisuelle !). Pareil calcul est fort imprudent. L'Histoire nous montre que l'effet démobilisateur du « Panem et circenses » n'est jamais durable. Tôt ou tard, …»

... « Dans cette perspective, les contre-feux rhétoriques que l'on met hâtivement en place - culpabilisation des citoyens prétendument prodigues, protection des générations futures, appels au sang-froid, etc. - semblent avoir pour première fonction de contourner, par n'importe quel moyen, la dissidence entêtée des électeurs de base. A terme, l'entreprise est vaine. Notons que Sloterdijk, qui nous rappelle cette évidence, n'est ni un gauchiste, ni un imbécile, ni un rêveur. Quant à l'hebdomadaire « Der Spiegel », ce n'est pas exactement une « feuille» populiste. »

dans le Nouvel Obs N°2405 du 9-15 déc 2010.

(1) Traduit en français dans "Courrier international" du 25 novembre N°1047

DébatPOLITIQUE - “Les citoyens ne se laisseront pas faire”

Dans nos démocraties occidentales, le pouvoir mise sur la léthargie des gens, mais oublie leur fierté de citoyens. Le philosophe allemand Peter Sloterdijk analyse les ressorts des récentes mobilisations de masse dans son pays et ailleurs en Europe.

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