GLADIATEURS DE L'ALLIANCE véritable titre de mon texte écrit le 14 novembre 1996.
AVE CESAR, MORITURI TE SALUTANT
Jadis les romains se divertissaient en regardant des jeux cruels et sanguinolents dans des amphithéâtres. Plus tard une société plus sophistiquée, multimédiatique remplaça l'arène par une immense toile d'araignée mondiale (W.W.Web) dans laquelle des centaines de millions de personnes se firent tuer.
Pour mémoire, citons le contrat américano-saoudien signé avec l'aide des Talibans pour exploiter les champs de pétrole et les contrats assassins et juteux, d'entreprises françaises en Afrique.
La mort propre ordonnée devant son ordinateur dans l'indifférence générale, sans salir son glaive.
La particularité de cette époque, c'est que tous les corps constituant la société (les citoyens, les soldats, les esclaves, les gladiateurs et les parlements) se trouvaient réunis dans l'amphithéâtre international.
Sur le pourtour de celui-ci, les fanions et drapeaux étaient remplacés par des bannières informatisées où l’on pouvait lire: Coca-Cola, Microsoft, AXA-UAP, Daewoo etc..
Dans le fond, on pouvait apercevoir parmi tous ces combattants des Héros imposants, repus, ventres bedonnants, gros cigares à la bouche et bien protégés. Ils possédaient un tel palmarès qu’ils avaient la faculté de jouir du carnage sans trop se salir les mains. Ils n'avaient qu'un objectif: l'avidité incessante de toujours plus de trophées avant leur mort inéluctable. Quelle bêtise!
Devant eux une cohorte de rétiaires et de mirmillons en uniforme flambant neuf: petit tailleur B.C.B.G. pour les femmes, costard-cravate sobre pour les hommes. On distinguait sur leurs vestes, les armoiries de grandes écoles de gladiateurs comme "Polytechnique", "l'E.N.A.", et les écussons des promotions internes des grandes entreprises. Ce groupe n'avait aucune déontologie dans le combat. L'honneur chevaleresque et la loyauté leur étaient inconnus. Ces futurs Héros qui étaient tenaillés par une rage féroce et la folie, n'avaient qu’une devise : "tuer ou se faire tuer, alors pas de quartier". Ils avaient l'impression d'être si prés de leur but inavouable (accéder à la reconnaissance suprême), qu'il était hors de question de changer les règles du jeu. Par manque de lucidité, ils se sont tous entre-tués. Quelle tristesse!
En première ligne, des légions de va-nu-pieds sans arme, de la chair à lions, créaient des remparts humains. Là, le spectacle était pitoyable: corps humains sauvagement mutilés, êtres écervelés, otages d'enjeux qui les dépassent. Ces morts vivants n’avaient plus qu’à vivre heureux comme des chiens errants mangeant leur bouillie empoisonnée (vaches folles...) et ingurgitant leur soupe préconditionnée (ragots, faits divers, sexe, soif de sang, violence, journal TV de 20 heures, guignols et Deschiens exutoires, divertissements aseptisés, etc..). Quelle misère!
Enfin, blottis dans un coin, la peur aux tripes, attendant leur tour, des gens subtiles et cultivés s'amusaient de voir ces marionnettes sans lever les yeux de peur de se faire remarquer, d'être éclaboussés et de déranger leur petit confort provisoire. Certains même, protégeaient les animaux, d'autres faisaient leur B.A. ou priaient les Dieux pour se faire pardonner de leur lâcheté et se garantir. Tous ces nombrilistes passifs et sans âme, sont également morts en espérant une hypothétique révolte salutaire. Quel courage! Quelle désolation!
Qui était sur les gradins pour crier "JUGULA" ? Personne et tout le monde à la fois. Virtuel mais réel comme ce citoyen américain qui gagna un milliard en une nuit en pariant sur la dévaluation de la livre anglaise. Pour cette Saint Barthélemy moderne, il expia sa faute toute sa vie en créant des fondations.
Cette impériale et prétentieuse "Alliance" a connu toutes sortes de dictatures y compris la virtuelle et fatale. Elle nous a légué tout son savoir sauf le moyen d'éliminer ces déchets et ces ruines toxiques.
Heureusement, après ces siècles de barbarie, nous vivons maintenant dans une civilisation bien plus évoluée où la démocratie et la morale de chacun concourent à transcender l’ego naturel de l’être en un intérêt collectif qui permet l'épanouissement de tous.
PS: Allez! Cherchons vite une bonne critique pour retrouver nos idées. Nous n'avons rien lu.
La vie est belle...