Nous ne sommes que des gouttes d’eau qui interagissent ensemble et c’est une richesse fantastique quand le bien-vivre est là, quand notre devise nationale est appliquée. L’esprit Charlie dépend de la fraternité.

 

 

 

 

 

 

 

Bizarrement, en déménageant du nord vers le sud-ouest, malgré les siècles passés, j'ai ressenti dans la sociologie des gens, les 300 ans de vie anglaise de l’Aquitaine. Les plaies de la guerre de cent ans avec ses souffrances sont passées par là. C’est vraiment étrange!

 

De même, nous sommes le produit de notre système éducatif ‘Histoire-Géo’ avec la guerre froide, la loi de 1905, les guerres de religions, la colonisation, les conquêtes et la St Barthélémy. Pareillement, nous sommes les héritiers du vécu de nos parents. Je pense à leurs souvenirs sur la peur, la faim, le marché noir, la collaboration, la résistance, les fusillades, l’horreur de bombardements, aux rescapées des camps, et la vue de ces milliers de cadavres rassemblés dans les champs. Je pense aussi à leur engagement dans le collectif, dans le social d’après-guerre. Sans l’avoir vécu, j’en suis moi-même marqué durablement.

 

De même les gens issus de l’immigration, sont imprégnés des souvenirs de leurs parents, grands-parents, des souvenirs de pays lointains. Quand le bien-vivre est là, toutes ces tueries gigantesques et historiques (tortures, soumissions, esclavage, massacre de Sétif,  massacre de 89000 malgaches) ne sont que des cicatrices mémorielles.

 

Mais quand le bien-vivre ensemble vient à disparaître, quand nos symboles sonnent creux, quand notre devise nationale en devient risible, quand toutes les sorties humoristiques deviennent des insultes, des attaques, quand le meilleur des mondes impose sa bouillie médiatique très bien aseptisée, quand on sait que tout est pipé, quand les bourgeois donnent des leçons de morale aux sans-dents, quand l'accumulation exponentielle des richesses va toujours dans le même sens, il suffit d’un souffle pour que cette mémoire devienne un révélateur et fasse exploser la folie humaine.

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